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Mercredi 4 mars 2009
                               

                En deuxième année dans mon école, on passe une semaine chez une sage-femme libérale, histoire d’avoir un aperçu de cette façon d’exercer notre profession. C’est plutôt sympa, mais pas super bien organisé. Quelques rares SF sont disponibles sur Paris, les autres sont en banlieue voire en graaande banlieue, et évidemment on n’a pas le droit d’en chercher une de notre côté, il faut trouver son bonheur dans la liste qu’on nous propose.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à l’autre bout du Val-de-Marne, que dis-je, à l’autre bout du monde, dans ce qui semblait être un village, à la lisière d’une forêt, un bled où la neige tient et où les bus ne passent qu’une fois l’heure après 9h, et tout cela pendant la semaine pré-partiels. Autant dire que le cadre était très motivant. Je m’étais d’ailleurs calé une petite évaluation formative (une évaluation clinique mais pour de faux, quoi) le jeudi, histoire de m’épargner un aller-retour dans la cambrousse.


                Que peut faire une sage-femme qui exerce en libéral ? Des consultations pré-partum (suivi de grossesse mensuel), des cours de préparation à la naissance, des suites de couches, des consultations post-partum (6 à 8 semaines après l’accouchement), de la rééducation périnéale (et très exceptionnellement des accouchements, mais si vous avez vu 66 Minutes sur le sujet, vous savez qu’aucune assurance ne couvre les sages-femmes qui pratiquent les accouchements à domicile, ce qui ne facilite pas la tâche). Les consultations ont lieu dans un cabinet ou à domicile.

                Qu’a fait ma sage-femme libérale la semaine où je l’ai suivie ? De la rééducation périnéale, de la rééducation périnéale et de la rééducation périnéale. Je suis arrivée sans aucune notion dans ce domaine, donc même si c’était un peu rébarbatif, ce stage m’a permis de m’initier à la rééducation périnéale et d’en saisir vraiment les enjeux. Cette SF fait ça en deux temps :

 

 

 

  • Le testing manuel : deux doigts dans le vagin (qui regardent en bas, contrairement aux examens gynécologiques où les doigts sont tournés vers le haut), et on demande à la femme de serrer son périnée (toute la zone musculaire située entre les jambes, sans serrer les abdominaux ni les fessiers) de différentes façons, en insistant sur derrière (genre retenez un gaz), sur le haut (retenez une forte envie d’uriner), sur les côtés (tentez de rapprocher mes doigts). Avec les sensations et la force perçues sur les doigts, on met une note entre 0 et 5.


 

  • La sonde vaginale : dans un premier temps, un influx électrique transmis par la sonde (reliée à une machine, of course) entraîne la contraction des muscles du périnée, on choisit parmi différents programmes qui font travailler plus ou moins en profondeur et de manière plus ou moins intensive, selon le résultat du testing manuel ; la femme doit accompagner au maximum cette contraction en contractant volontairement son périnée en même temps. Dans un second temps, c’est la femme qui devra contracter seule son périnée, pendant X secondes, avec X secondes de repos, et la sonde capte l’intensité de la contraction, la moyenne obtenue est comparée avec celle de la séance précédente et bien sûr on veut que ça augmente. Il y a également des capteurs au niveau des abdo (les femmes les détestent, hinhin), pour vérifier que la contraction du périnée n’est pas faussée par une contraction abdominale.

 


 

Dès le premier jour (au bout du cinquième rendez-vous j’avais à peu près capter les grands principes…), j’ai pu faire le testing manuel, et le lendemain je commençais à m’occuper de la machine. Le dernier jour elle m’a laissée m’occuper complètement de deux patientes que j’avais vues plus tôt dans la semaine, c’était à moi de les coacher et tout, hihi. Bon c’est mignon mais on se rend vraiment compte de l’importance de la rééducation post-partum quand on fait le testing manuel, certaines femmes ont vraiment perdu le contrôle de cette zone de leur corps, pour certaines c’est juste un manque de force, pour d’autres c’est carrément le néant, aucune réponse du périnée, et c’est hyper angoissant de partir de zéro. La rééducation permet de retrouver le contrôle de ses sphincters (éviter les fuites urinaires ou l’incontinence anale), de prévenir du prolapsus (« descente d’organe », l’utérus, la vessie ou le rectum qui sont maintenus par les muscles périnéaux peuvent s’affaisser et éventuellement s’extérioriser), et de retrouver au passage des sensations agréables lors des rapports sexuels. Dix séances sont remboursées par la Sécu, le congé maternité donne du temps, donc pas d’excuse à ne pas le faire.

J’ai assisté à deux cours de préparation à la naissance, un sur les suites de couches et l’autre sur la respiration pendant le travail, ce dernier était plutôt intéressant.

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Mercredi 4 mars 2009
- Un jour viendra... -
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Mercredi 4 mars 2009

               Me connaissant, j'ai pris quelques notes à propos de mes gardes pour me souvenir des grandes lignes et pouvoir les raconter, c'était bien vu. Alors voilà, on est en juin, je fais le tri dans la pile de paperasse qui recouvre mon bureau et voilà-t'y pas que je tombe sur une petite feuille mauve pliée en quatre, avec des petits détails sur mes gardes d'octobre. Commençons donc par le commencement, stage number one de deuxième année, en salle de naissance dans mon CHU (carrément flippant quand on sait que les 3/4 des gens qui y sont allés en 1ère année ont super mal vécu leur stage, notamment à cause d'une sage-femme redoutablement cassante...).

               Première garde, 8h - 20h. En arrivant, j'ai découvert que la sage-femme avec qui j'avais fait ma journée d'observation est là aussi. Tout de suite, elle m'a mise plutôt à l'aise, a pris le temps de me montrer les salles, le matériel, les crèches (où l'on fait les soins aux nouveau-nés et éventuellement les réanimations). La petite surprise du jour, ça a été l'arrivée d'une équipe de tournage du Magazine de la Santé ! De quoi vous mettre à l'aise pour votre première garde de l'année... :) L'équipe venait suivre un déclenchement pour diabète gestationnel, chez une troisième pare. La journée a été calme, on ne s'est occupées que de cette dame, avec la sage-femme. Bon, je n'ai pas fait grand chose puisque dès qu'on entrait dans la salle d'accouchement, l'équipe nous suivait. J'ai pu faire quelques TV, j'étais là pour la pose de péridurale, et pour l'accouchement je me suis habillée et j'ai participé pour retenir la tête, mais c'est la sage-femme qui a fini. En même temps, la situation n'était pas idéale pour qu'elle m'apprenne des choses. La délivrance ne s'est pas faite naturellement donc elle m'a laissée m'occuper du bébé pendant qu'elle faisait la délivrance artificielle. L'équipe m'a suivie, on m'a filmée en train de faire des conneries (genre peser le bébé avec son long cordon et surtout la pince à clamper dessus... lol, je vous rassure on l'a repesé après), on m'a demandé de recommencer des choses parce que la séquence n'était pas bien filmée, tout ça... C'était marrant. C'est passé quelques jours après et on voit GRAVE ma tronche quand la SF parle du dextro (glycémie capillaire) qu'elle a fait au bébé. Non mais je n'ai signé aucune autorisation, rooh !

               J'ai fait deux autres gardes avec la même sage-femme, ça s'est super bien passé. Elle a été très pédagogue, notamment pendant une consultation aux urgences en fin de garde, elle est venue avec moi, elle m'a dit de mener le truc, elle m'a guidée quand elle voyait que je perdais pied, tout ça super gentiment. On a eu une nuit qui a commencé très calmement et qui s'est complètement précipitée en fin de garde ! On suivait deux femmes chinoises ne parlant pas français (fallait faire gaffe de ne pas se planter dans les noms !). La première a demandé la péridurale au dernier moment parce qu'elle n'en pouvait plus ; à dilatation complète du col le foetus ne s'engageait pas et il y avait des anomalies du RCF (rythme cardiaque foetal) donc l'interne a été appelé. On a essayé de faire pousser la dame, pas efficace... En attendant que le chef arrive, c'est moi qu'ai fait pousser, c'était la première fois qu'on me disait de guider avec des "poussez, encore, encore, blablabla" et mine de rien au début c'est très déstabilisant. On se sent bête (surtout quand on est entouré de la SF, de l'infirmière, et de l'interne qui vous dit de guider la dame, et que tout ce petit monde vous regarde faire). Le chef est arrivé (MONSIEUR le chef de service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital, s'il-vous-plaît !), tentative de forceps, échec... Rien à faire, ce bébé ne sortira pas par voie basse. On se dirige vers le bloc en urgence, à 6h15 naît par césarienne une petite fille avec des jolis signes de disproportion foeto-pelvienne (bosse séro-sanguine et chevauchement des os du crâne). A peine sorties du bloc avec la sage-femme, on a foncé dans la salle de notre deuxième femme chinoise, sur le point d'accoucher !.. d'une belle pépette de 4200g, rien que ça, à 7h du matin. On n'a pas chômé.
               Sur une autre garde, j'ai pu voir à quoi ressemblait un RCF micro-oscillant non-réactif (en gros, un RCF pas beau). Depuis le début du travail le rythme avait cette tête-là, donc l'équipe s'est laissé du temps. L'interne a fait deux pH au scalp (on place une sorte de spéculum dans le vagin pour apercevoir le sommet du crâne du foetus, sachant que le col est en train de se dilater, on fait une micro-incision sur la peau du crâne pour obtenir un peu de sang, qu'on récupère par capillarité à l'aide de petites mèches, et hop, on en analyse le pH dans la machine... C'est un indicateur de bien-être foetal, s'il est inférieur à 7,20 c'est un signe de souffrance, donc associé à d'autres signes ça devient de mauvais pronostic et ça aide à prendre une décision sur la suite des évènements). En l'occurence, malgré un RCF anormal le pH de ce petit était bon, donc on a attendu. C'est une stagnation de la dilatation à 6-7cm pendant trois heures qui a amené à la césarienne. Ca a été super dur pour la mère parce qu'elle avait bien compris que ça planait au-dessus de sa tête depuis le début du travail, mais elle avait l'espoir que ça se finirait par voie basse. Avec la sage-femme, on flippait un peu de l'état dans lequel on allait récupérer le nouveau-né, vu son rythme... Ben il allait super bien :) Au bloc, je l'ai montré à sa mère, c'est moi qui lui ai amené ensuite quand elle était retournée en salle, c'était émouvant !

               Au final, j'ai bien aimé mon stage au CHU, même si certaines SF m'ont fait chier avec leurs reproches (j'ai même pleuré à cause d'une conne de SF aux urgences qui me filait ses dossiers en me croisant dans le couloir et m'envoyait poser ses monitos alors que je m'occupais de deux dames en salle, et qui me reprochait ensuite de ne pas avoir surveillé SES rythmes, et de ne pas avoir pris le temps de regarder pourquoi SES patientes étaient sous monito... Genre c'est mon premier stage de l'année en salle et il faut que je sache gérer 50 trucs à la fois... Grrr). Mais avec du recul, je garde un bon souvenir de ce stage. J'ai réussi à zapper les mauvais moments et les réflexions blessantes, j'ai croisé la route de quelques sages-femmes très gentilles qui ont eu envie de me faire progresser, j'ai fait des suivis de travail, de vrais beaux accouchements à quatre mains, j'ai suivi des césariennes, des post-partum... Rien d'extraordinaire en salle, me direz-vous, mais j'ai surtout commencé à prendre ma place en tant que 2ème année, officiellement aux côtés des sages-femmes, officiellement là pour apprendre ce métier.

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Mercredi 4 mars 2009
   
                C'est reparti pour un tour, une nouvelle liste de 9 stages ! Ils durent toujours trois semaines chacun, et le deuxième est découpé en 2 semaines / 1 semaine. Il y a deux fois plus de salle de naissance que l'année dernière, on y va quasiment un stage sur deux. Normal, c'est cette année que les choses sérieuses commencent..!

stage 1 : Salle de Naissance

stage 2 : Planning familial / SF libérale

stage 3 : Salle de naissance

stage 4 : Suites de couches

stage 5 : Salle de naissance

stage 6 : Consultations prénatales

stage 7 : Néonatologie

stage 8 : Salle de naissance

stage 9 : Consultations prénatales
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Mercredi 4 mars 2009
- Un jour viendra... -
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Mercredi 4 mars 2009
- Un jour viendra... -
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Jeudi 18 septembre 2008

    Deuxième partie de ce stage, une semaine aux urgences. Et je m'y suis, comment dire... je m'y suis emmerdée sévère, en fait. Et toc.

    En gros, comment ça se passe pour le patient... Vous arrivez par vos propres moyens ou par les pompiers/le SAMU/une ambulance quelconque (rayez la mention inutile), et vous attendez (très peu). On vous reçoit à l'accueil où vous présentez une pièce d'identité et votre carte vitale, on vous enregistre, et vous attendez (un peu). Un "infirmier d'accueil et d'orientation" (IAO) vous reçoit dans un box, prend vos constantes (tension, pouls, température) et vous questionne sur votre venue dans le service, pourquoi, comment, depuis quand, antécédents, nianiania. Et là, ce que vous ignorez (mais vous pouvez vous en douter quand même), c'est que l'IAO vous colle une couleur qui indique la gravité de votre cas et le temps d'attente maximal avant la consultation. Si vous êtes rouge, vous n'êtes pas passé par l'accueil ni par l'IAO parce que vous êtes en très mauvais état et qu'on perdra du temps avec votre carte vitale plus tard. Si vous êtes vert ou pire, bleu, j'espère que vous avez emmené un bouquin. Mais si vous êtes bleu, on vous aura sans doute conseillé de rentrer à la maison et de prendre rendez-vous avec votre généraliste. Seulement, la vie est dure, et votre genou qui vous fait mal depuis un mois ne peut plus attendre (vous pensiez pourtant que ça allait s'arranger mais force est de constater que ça vous lance toujours). Et ce salaud d'IAO qui vous dit que vous attendrez au moins quatre heures avant d'être vu, QUOI ?! 'Tain mais s'pas possible là ! Ce sont les quatre heures de trop, après un mois de souffrance, impossible de supporter ça plus longtemps. Parfois le gentil IAO sait trouver les mots pour vous rassurer et vous faire retrouver le chemin de votre domicile. Madame, cette douleur que vous avez quand vous appuyez au niveau du coude, c'est un hématome. Un bleu. Il va partir et la douleur avec. Alors, vous respirez de nouveau et vous quittez ce lieu un peu glauque. Puis si vous êtes jaune clair, jaune foncé ou bien orange, vous êtes là pour une raison valable, mais vous attendrez quand même (longtemps), parce que vous êtes aux urgences, hinhin. Vous êtes finalement vu par un médecin, qui prescrira parfois un bilan sanguin, parfois une pose de perfusion avec des solutés à passer, parfois une radio. Evidemment vous attendrez pour la radio, puis pour que le médecin revienne vous voir en ayant vu les clichés. S'il faut recoudre ou plâtrer, c'est fait sur place. Vous repartez finalement, avec votre ordonnance sous le bras et des conseils d'usage. Si vous ne repartez pas, c'est que vous nécessitiez une hospitalisation dans un service adapté à votre pathologie. Vous étiez sans doute orange, ou rouge.

    Et comment ça se passe pour l'étudiante sage-femme... Déjà, vous n'êtes pas seule. Une rivale étudiante infirmière vogue de box en box avec une aisance qui vous effraie un peu, elle fait tout, elle perfuse tout le monde, elle passe sa vie à remplir ses transmissions sur les ordinateurs, alors que vous peinez à retenir ce que vous montre l'infirmière qui vous a prise en charge. Le premier carré rouge, ça veut dire "à voir par un médecin", le deuxième carré rouge, ça veut dire "soins prescrits par le médecin" (ça veut dire jetez-vous dessus avant que l'étudiante infirmière ne vous pique cette possibilité de techniquer un peu). Mouais, ok.  Vous êtes là pour cinq jours et vous sentez qu'il sera difficile de se faire une place (et vous sentez surtout que vous êtes en vacances juste après ce stage, qu'on est en plein juillet et que vous n'avez donc aucune motivation). Vous êtes la préposée aux ECG (électrocardiogramme), vous posez des patchs à des endroits bien précis (l'intérieur des chevilles, des poignets, le haut de la poitrine et autour du coeur) et vous connectez les capteurs. Hop, on ne parle plus, on ne bouge plus, on respire normalement... Vous pressez le bouton et le tour est joué, le tracé s'imprime, vous débranchez le patient et vous amenez ça au médecin. Oh, vous vous sentez fichtrement utile, d'un coup. Vous parvenez à dégotter une pose de perfusion, que vous ratez, évidemment. Vous n'êtes décidément pas en forme. Quoi ? Même les prises de sang, vous les loupez ? Diantre, restez au lit ! (C'est d'ailleurs ce que vous faites, n'arrivez jamais avant 8h quand on vous a dit 7h au plus tard, et c'est mal.) Au bout du troisième jour, d'on ne sait où, un autre étudiant infirmier fait son apparition (en troisième année lui aussi, flûte). C'est désormais la guerre pour trouver du taf, parce qu'en plus c'est un peu vide, par ici. Vous suivez une pose de perfusion par l'étudiante-rivale quand vous entendez de l'autre côté du paravent l'interne qui dit au patient qu'il sera perfusé. JE PRENDS ! Vous vous jetez sur votre cible et vous ne le lâchez plus, vous préparez votre plateau et haha, vous prévenez votre collègue étudiant, lorsqu'il vous rejoint dans la salle, que VOUS prenez en charge CE patient. Alors, sous les yeux des deux étudiants et d'une infirmière, il est temps de faire vos preuves (après vos multiples échecs précédents). Les veines de la main sont pas mal... Hop. Elle a pété ? Non elle a pas pété... Si ? Non j'crois pas... Non. C'est merveilleux, la veine n'a pas claqué ! Votre pose est affreuse, le cathéter n'est même pas enfoncé jusqu'au bout mais votre soluté passe sans problème. Une fois seule avec votre patient suspecté d'appendicite, vous lui annoncez quand même que sa perfusion fera rire tout le monde au bloc et qu'il se fera sans doute reperfuser, vous en êtes d'ailleurs désolée. Plus tard vous ferez une prise de sang à une jeune fille que vous ferez pleurer, c'est la honte de votre vie (bon, et la fin de la semaine, c'est quand ?). Vous errez beaucoup dans les couloirs quand il n'y a rien à faire, et c'est plutôt chiant. Le vendredi arrive et vous êtes soulagée, personne n'est décédé sous vos yeux et vous êtes enfin en vacances. Vous aurez vu de nombreux patients venant pour suspicion d'AVC (accident vasculaire cérébral) dont le symptôme le plus courant est l'hémiplégie (paralysie d'un côté du corps), vous aurez également vu beaucoup de personnes âgées atteintes de pathologies pulmonaires.

    C'est un peu léger côté santé, mais vraiment je n'ai pas aimé ce stage, et ça date un peu, et c'était super court, alors je n'ai pas des masses de souvenirs ! Et je me dépêche d'écrire avant la rentrée, alors excusez le style :p

    J'ai oublié de dire que pendant mon stage au bloc, une femme a fait un OAP (oedème aigu du poumon = en gros le poumon se remplit d'eau) au réveil, sa tension est montée à 21/15, je n'avais jamais vu ça :| A lire sur le tensiomètre (où l'on est habitué à voir de belles tensions, et à se dire "oh" quand le premier chiffre dépasse 14), c'était très impressionnant !
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Dimanche 7 septembre 2008
   
    (Il est temps que je me remette au boulot, moi.)

    Comme tous les étudiants de ma filière, j'ai eu le plaisir d'aller en stage cet été, quand les uns font la grasse matinée tous les jours et que les autres font bronzette sur le sable chaud. Pour moi, il s'agissait des petits stages de l'année : deux périodes de trois semaines découpées chacune en deux stages d'une et deux semaines.

    Premier stage, le bloc opératoire gynécologique. Un formidable moyen de revoir son anatomie ! J'étais dans un grand hôpital parisien et j'ai vu pas mal d'interventions différentes.


    Sous coelioscopie (sans ouverture de la paroi abdominale, avec uniquement trois ou quatre petites incisions pour gonfler l'abdomen, insérer les trocarts par lesquels on fait passer l'optique (lumière et caméra, au niveau du nombril) et le matériel chirurgical) :

  • kystectomie : ablation de kyste ovarien, le kyste étant une poche dans l'ovaire, on incise l'ovaire, on "épluche" le kyste entouré d'ovaire, on incise le kyste et on le vide, puis on le récupère dans un instrument magique qui fait office de sac plastique, que l'on déploie dans l'abdomen, que l'on referme une fois le kyste placé dedans, et hop, on le sort par un des trocarts ;
  • ovariectome bilatérale : ablation des deux ovaires qu'on a sectionnés, on les extrait de l'abdomen sur le même principe que les kystes, à l'aide du sac ;
  • grossesse extra-utérine : embryon implanté au mauvais endroit, le plus souvent dans la trompe, lorsque c'est possible on ne fait qu'inciser la trompe et retirer la "grossesse" puis on ferme par cautérisation (traitement conservateur, ce que j'ai vu), mais si la trompe a rompu on est amené à l'enlever ;
  • ablation de DIU (dispositif intra-utérin = stérilet) : celui-ci s'était baladé dans l'abdomen de la dame, ne me demandez pas par quel moyen, mais il a donc fallu faire une coelio pour le récupérer ;
  • épreuve au bleu : on injecte dans l'utérus par voie basse une solution de bleu de méthylène, et par coelioscopie, donc vue de l'intérieur de l'abdomen, on observe la coloration de l'utérus, puis des trompes, on fait cette épreuve pour vérifier la perméabilité des voies génitales et rechercher une stérilité tubaire.

    Sous hystéroscopie (passage par les voies génitales d'un hystéroscope qui permet d'observer le col utérin et l'intérieur de la cavité utérine (préalablement remplie de sérum physiologique pour améliorer la visibilité), de là on peut également introduire des instruments pour intervenir sur certaines lésions utérines) :

  • résection de myome : tumeur bénigne de l'utérus qui se forme dans la paroi utérine, et qu'on peut traiter par hystéroscopie lorsqu'elle est dans la couche la plus interne de la paroi ; le résecteur fonctionne sur le principe du fil à couper le beurre, il s'agit d'une petite anse qu'on passe sur le myome pour en faire des lambeaux, que l'on récupère ensuite pour les faire analyser ;
  • résection de kyste cervical : kyste à l'intérieur du col de l'utérus, ils ont d'ailleurs eu du mal à intervenir parce que l'endroit reste étroit, malgré la dilatation au sérum physiologique ;
  • hystéroscopie diagnostique : uniquement une exploration de la cavité utérine et du col sans intervention chirurgicale à proprement parler, elle se fait sans anesthésie ou seulement locale au niveau du col, sans hospitalisation et est souvent indiquée en cas d'infertilité ou de méno/métrorragies inexpliquées.

    Par laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) :

  • césarienne (si si, j'vous jure !) : j'ai vu trois césariennes, dont une en urgence, et tout s'est bien passé à chaque fois ; j'étais tentée de suivre la sage-femme et l'auxiliaire de puériculture qui s'occupaient des bébés mais ça n'était pas mon rôle dans ce stage, ouin... parce qu'en plus, la suture d'une laparo ça dure toujours trois plombes, je n'aime pas ce moment ;
  • myomectomie : donc toujours un myome, mais cette fois il est trop superficiel pour qu'on puisse l'enlever par l'intérieur de l'utérus, il faut passer par l'extérieur, et on ne fait pas de résection mais on l'enlève intégralement, tant qu'à faire ; celui-ci faisait 5 cm de diamètre, c'est assez impressionnant à voir quand le chirurgien sort l'utérus de l'abdomen pour pouvoir travailler dessus (je vous rassure, l'utérus est toujours rattaché à l'intérieur hein) ; le myome est tranché en deux pour faciliter son ablation mais ne m'en demandez pas plus parce que j'ai oublié, hinhin.

    Autres interventions auxquelles j'ai assisté :

  • cerclage : en cas de MAP (= Menace d'Accouchement Prématuré), on peut empêcher le col de s'ouvrir plus en pratiquant un cerclage ; très grossièrement on passe un fil ressemblant à du bolduc dans l'épaisseur du col et on fait un noeud, et le tour est joué ; c'est bien sûr réversible puisqu'en fin de grossesse il faut bien enlever ce dispositif pour accoucher et ça n'est pas forcément efficace, ça serait trop simple... ;
  • aspiration pour IVG ou fausse couche : pas de schéma pour l'IVG, vous savez ce qu'on aspire (c'est fichtrement barbare, d'ailleurs) par contre j'ai été étonnée du nombre de fausses couches qui se terminent au bloc pour une aspiration, en effet l'évacuation de la grossesse peut ne pas se faire intégralement, et donc nécessiter une "aide" instrumentale, par aspiration ou simplement par curetage ; ces interventions se pratiquent sous anesthésie générale ;
  • drainage de bartholinite (= infection d'un kyste de la glande de Bartholin ) : la moitié inférieure de la grande lèvre est rouge, gonflée et très douloureuse, le traitement chirurgical consiste en l'incision du kyste et son drainage (on le vide de son contenu et on place une mèche à l'intérieur pour permettre l'évacuation des sécretions ensuite) ;
  • plastie vaginale : reconstruction de l'entrée du vagin chez une jeune fille née avec une malformation de l'appareil urinaire bas (pas de méat, vessie non fonctionnelle ; petite, on lui a recréé une vessie (dans l'appendice ou le côlon, me souviens plus !!) et elle se sonde par le nombril X fois par jour puisqu'elle ne ressent pas le besoin d'uriner, assez impressionnant à imaginer...), donc elle possède un vagin normal mais l'entrée était malformée, beaucoup trop étroite ; les chirurgiens ont incisé en triangle vers le bas de la vulve et l'ont suturé à l'extérieur (ça semble bizarre mais ça ne l'était pas, c'est surtout incompréhensible :p) ;
  • accouchement : au bloc ! cette femme a eu de la chance puisqu'elle a atterri de la salle de naissance au bloc pour une césarienne en urgence, et finalement, aux forceps, elle a pu accoucher par voie basse, c'est-y pas beau ?


    Vive la coelioscopie et l'hystéroscopie qui permettent aux spectateurs de suivre l'intervention à la télé ! Non, sans blague, c'est vraiment pratique et ça rend le moment très intéressant pour une petite novice qui n'a pas accès aux champs stériles des chirurgiens. J'avais fait mon exposé de l'année sur l'hystéroscopie donc j'ai vu mon blabla mis en application, uhuh, et voir dans un utérus, et voir l'appareil génital féminin de l'intérieur de l'abdomen, c'est top pour se rendre compte des choses. Puis quand c'est le grand professeur qui interroge les externes pendant l'intervention, on apprend plein de trucs.

    D'ailleurs, j'ai découvert l'existence des kystes dermoïdes, hum. Le kyste dermoïde est un type de kyste ovarien organique, non résorbable, qui nécessite une ablation s'il devient trop gros et gênant (douleur...).
    Comment se forme-t-il ? Petit bond en arrière dans la croissance, au stade d'embryon... Il existe des cellules-souches communes aux cellules de la peau et des glandes sébacées (qui sécrètent le sébum), des phanères (poils, cheveux, ongles), des os et des dents ; il s'agit donc de cellules identiques qui sont en partie différenciées puisqu'elles sont dans cette lignée (impossible de revenir en arrière) mais qui ne sont pas au bout de leur différenciation puisqu'elles peuvent encore donner différentes structures (mais uniquement des structures de cette lignée, à savoir cheveux, ongles et compagnie). Et bien, pour on ne sait quelles raisons, des cellules-souches de cette lignée vont migrer vers l'ovaire pendant l'organogénèse, et rester silencieuses jusqu'à...
    Ben, jusqu'à ce qu'un jour, au stade "jeune femme", pour on ne sait toujours pas quelles raisons, elles se réveillent et continuent leur différenciation... Certaines vont donner des cheveux, d'autres des dents... On obtient un kyste ovarien rempli de sébum (!), de cheveux et de poils (ça a un peu l'aspect des cheveux longs qu'on récupère dans un syphon), de bouts durs ressemblant plus ou moins à des dents et d'une matière grasse un peu épaisse, blanc-rosé, qui agglutine un peu le tout. Et bon appétit, bien sûr !
    Pour extraire tout ça de l'abdomen de la dame (on est sous coelioscopie là, of course), on dégaine notre petit sac plastique super-pratique, on ouvre le kyste dedans pour récupérer le plus de sébum possible parce qu'après c'est crado, il faut rincer la cavité abdominale à coup d'injection/aspiration de sérum physiologique (d'ailleurs le chirurgien m'a fait remarquer que ça ressemblait à du bouillon de poule, le sébum à la surface du sérum phy, quand on rince), et une fois notre petit sac bien rempli, on tente de le sortir par le trocart qui a servi à son insertion... Seulement, souvent, le sac est bien trop rempli et il ne passe plus par le trocard. Alors on enlève le trocard, et on se retrouve avec le sac plastique qui émerge à la surface de la peau mais qui ne passe pas par le trou... Alors le chir prend sa pince, et tente d'attraper dans le sac un bout de dent, une touffe de cheveux, pour réduire le volume du sac et réussir à le sortir enfin de l'abdomen de la dame. Ensuite bien sûr il faut y retourner pour enlever la paroi du kyste mais ça c'est plus classique, ce qui est passionnant avec le dermoïde c'est le moment de le vider, quoi. J'en ai vu trois, que des jeunes femmes, et je me suis demandée si on leur disait exactement ce que contenait leur ovaire avant l'intervention... Enfin ça m'a marquée, il fallait que j'en parle ! Je ne me doutais pas qu'un tel phénomène était possible.

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Jeudi 31 juillet 2008

   

    Il s’en est passé des choses entre ma septième et ma huitième garde ! J’ai eu un soucis de santé qui m’a emmerdée toute une semaine (mais non, ça n’était pas intestinal) et j’ai du reporter mes deux dernières gardes à cause de ça, puis je suis retournée une semaine à l’école et j’ai passé mes derniers partiels, puis je suis partie dorer une semaine à Malte avec mon homme, et ENFIN, je suis revenue à l’hôpital pour deux fois douze heures de garde, en plein milieu de ma période de vacances, avec le sourire, of course.

 

 

    Huitième garde, 8h – 20h.

 
    Le début de la journée m’a fait flipper, on est début juillet, je me lève à 6h30 alors que tout le monde est en vacances chez moi (et que moi aussi d’abord), je viens pour un paquet d’heures… et le tableau de la salle est totalement vide… et je découvre que je suis de garde avec l’intérimaire de ma toute première garde que je n’avais pas appréciée… Au secours, laissez-moi retrouver mon lit. Pendant les deux premières heures, je n’ai rien fait, puis trois femmes sont arrivées en même temps, une des urgences et deux du service d’hospitalisation. C’est là que j’ai fait un coup de maître, mouahaha… Quand les deux premières dames ont été installées, l’intérimaire-pas-cool m’a demandé laquelle je voulais suivre (en gros, ça voulait dire tu me suis ou tu suis ma collègue). Je n’ai bien évidemment pas osé lui sortir que je préférais être avec la collègue, et sachant qu’une troisième femme allait arriver j’ai dit que je suivrais la SF qui la prendrait en charge. Ca me semblait logique de toutes façons, deux femmes en début de travail c’est gérable, la SF a du temps à consacrer à l’étudiante, et quand on a déjà perdu deux heures à ne rien faire on est content d’avoir un peu de taf. Seulement l’intérimaire-pas-cool s’est sentie obligée de me demander "ah bon, t’es sûre ? ça fait pas trop ?". Bah, euh, non. Et j’ai croisé les doigts très fort, et la collègue a pris en charge la troisième dame, donc j’ai suivi la collègue, et la journée s’est avérée géniale (ouiiii, encore une fois).
     J’ai fait le suivi de travail d’une primipare (premier enfant), pas de complication, péridurale, touchers vaginaux et compagnie. Je commence à prendre mes marques, j’essaye de qualifier le col, certains paramètres m’échappent encore bien sûr, mais je sens que je progresse. Par contre les examens du col sur des femmes enceintes qui ne sont pas en travail ça me fait peur, peur de faire mal et de ne rien sentir… Mais ça sera pour une autre fois :p Recentrons-nous. On est arrivé tranquillement à l’accouchement, et ça y est, je peux le crier haut et fort, j’ai fait mon premier accouchement à quatre mains :) Après des petites bribes à chaque accouchement précédent, cette SF m’a accompagnée pour tout : retenir la tête, la tourner, sortir les épaules, elle m’a même laissée sortir seule le bébé après qu’on ait dégagé les épaules et j’dois dire que j’ai bien flippé, ça glisse ces p’tites choses. C’est moi qui ai posé le bébé sur le ventre de sa môman, c’est-y pas touchant… Puis, je vais peut-être faire trembler, mais la SF a du faire une épisiotomie et elle m’a proposé de participer. Comme c’était la première fois, c’est elle qui a placé les ciseaux et c’est moi qui ai coupé, niark niark. Roooh, ça va. Je ne suis pas encore apte à juger de l’utilité de cet acte, mais j’ai fait confiance à cette SF. La dame a fait une hémorragie de la délivrance ensuite (rien à voir avec l'épisio hein), son hémoglobine a bien baissé et quand j’ai fini le post-partum et que les ASH sont venus pour la passer en chambre, elle a fait un joli petit malaise… Transfert reporté à plus tard, donc.
    Une autre femme a été admise dans l’après-midi, pour une fausse couche tardive à 17 SA (Semaine d’Aménorrhée, une grossesse normale durant 41 SA). Je ne l’ai pas suivie tout de suite parce que je m’occupais du post-partum de l’autre dame, j’ai fait sa connaissance quand elle a sonné. Elle demandait le bassin, et de la compagnie, surtout… Deuxième fausse couche tardive en six mois. On a un peu discuté, puis je suis sortie voir mon autre patiente. La gynécologue est passée voir cette femme et en sortant elle a demandé que quelqu’un reste à ses côtés, comme j’avais fini mon nettoyage de bassin (oui, on est parfois amené à faire des choses passionnantes en salle) je me suis proposée, et voilà comment, avec mon expérience bidon de la vie, je me suis retrouvée à tenter de remonter le moral d'une dame dont la grossesse pleine d’espoir était en train de s’arrêter. Je lui ai prêté mon portable pour qu’elle puisse demander à des proches de venir l’accompagner. En plein milieu d’un coup de fil (son amie a du devenir toute blanche), elle s’est mise à gémir de douleur (d’angoisse, en fait) en me disant qu’elle sentait quelque chose entre ses jambes… J’ai relevé le drap et je suis partie comme une flèche en lui disant "je vais chercher une sage-femme". Entre ses jambes, la poche des eaux était bombante, en partie sortie sur une dizaine de centimètres, pointue comme un ballon de rugby, c’était extrêmement impressionnant. La SF m’a expliqué que sa PDE était bombante depuis son arrivée, mais qu’on attendait un résultat sanguin avant de lui poser la péridurale, après quoi on pourrait rompre la PDE et provoquer l’expulsion du fœtus… Alors je suis revenue la voir, lui expliquer, la rassurer. On a fini par en sourire, c’était comme ça, il fallait attendre. J’ai mis une alaise en plus au-dessus de son ventre parce que j’étais flippée à l’idée que la poche rompe toute seule. Sa sœur est arrivée, j’ai laissé ma place. J’avais dit à la SF que je voulais être là au moment de l’expulsion, mais ça n’a pas été possible : je m’occupais du malaise de mon autre patiente quand ils ont pu poser la péridurale à la dame, et lorsqu’elle s’est rallongée ensuite, la poche s’est rompue et elle a expulsé immédiatement. La pauvre a du subir une délivrance artificielle (on va chercher le placenta à la main) sans l’effet escompté de la péridurale, je m’en suis voulu de ne pas avoir été à ses côtés.

    Journée très formatrice à tout point de vue, technique et psychologique. J’ai encore beaucoup appris, et j’ai encore été encadrée par une chouette nana, j’aime cette mater’.

 

 

 

    Neuvième garde, 20h – 8h.

 
    Une petite nuit pour terminer mon stage en salle… J’ai retrouvé avec plaisir la doyenne des sages-femmes de la maternité, M., et une SF que j’avais déjà suivi deux fois et avec qui ça s’était très bien passé, A.. Ce soir-là, c’était un peu la foire aux déclenchements loupés et aux anomalies de RCF (Rythme Cardiaque Fœtal). Quand je suis arrivée, A. s'occupait de deux dames déclenchées en début de travail, et M. prenait en charge une femme avec un col ouvert à 8cm, donc accouchement a priori dans peu de temps. Pendant trois plombes on a négocié, est-ce que je prenais juste les deux dames en début de travail avec A., est-ce que j'en prenais une en début de travail et l'autre en fin de travail, est-ce que je tentais les trois, nianiania... A. est finalement allée demander à M. si je pouvais suivre la dame à 8cm, elle a été d'accord, et à l'examen d'après je l'ai accompagnée dans la salle. Elle fait le TV (toucher vaginal, ça commence à venir les abréviations ?) et pendant qu'elle examine elle demande à la dame si je peux l'examiner après, parce que je suis étudiante et qu'il faut que j'apprenne, tout ça... Ce à quoi la dame répond : "euh, vous voulez dire, qu'elle regarde ? tout à l'heure ?", d'accord :| Alors la SF lui explique, et la dame recommence à dire que mouais, j'pourrais faire acte de présence à l'accouchement quoi, super... Puis elle me sort que c'est comme je veux, alors que non, c'est comme elle veut, et clairement elle ne veut pas. Premier refus d'examen, snif. Pour la peine je ne m'en suis plus préoccupée, toute cette discussion pour savoir qui j'allais prendre en charge alors qu'il suffisait de demander à la dame... lol Bref, je me suis donc occupée des deux femmes en début de travail.
    Dans une salle, une troisième pare (donc troisième enfant) que je retrouve en train de dormir quand je viens me présenter à elle en début de garde. Et devinez quoi, cette femme a dormi pendant mes douze heures de garde. Je ne sais pas pourquoi elle semblait shootée comme ça mais c'était presque inquiétant. Peut-être juste une extrême fatigue... Suivi classique pour elle (dans un sommeil profond), TV, sondages réguliers à cause de la péridurale, synto et constantes. Le travail s'est fait très très lentement, la SF n'était pas fière de son partogramme de troisième pare (c'est la feuille de surveillance du travail, une courbe pour l'évolution de la dilatation, une courbe pour la hauteur de la tête... et pour une troisième pare c'est censé aller un peu vite, alors que là le parto était long et les courbes fichtrement parallèles pendant longtemps). Le col a fini par être "dilatable" à 8-9 cm mais il était toujours là quoi, et la tête ne descendait pas. La SF a tenté tous les moyens pour comprendre comment cette petite puce était orientée (car l'orientation de la tête joue sur la descente, certains diamètres étant plus larges que d'autres) : palpations des fontanelles, recherche des oreilles (et là faut y mettre la main quoi...), échographie... Et le résultat n'a pas été très convaincant. Juste avant la fin de la garde, la SF a tenté de faire pousser la dame pour voir comment ça avançait mais elle était toujours à moitié dans le coton donc ça n'a rien donné... J'ignore comment s'est terminée l'histoire !
    Dans une autre salle, une jeune femme primipare accompagnée de sa mère. Je me présente à elle, aucun soucis pour le suivi avec la sage-femme (bah oui, du coup j'ai pris mes précautions pour les autres dames !). Beaucoup de questions pendant le travail et les examens, alors je réponds comme je peux, j'explique ce que je sais. Elle était plutôt sympathique cette fille, c'est sa mère quoi, le genre de compagnie dont on se passerait en salle. Le travail s'est fait rapidement et l'accouchement a eu lieu en fin de soirée, les gynéco ont du utiliser une ventouse pour aider le bébé à sortir en le guidant dans les dernières contractions parce qu'il y avait des anomalies de rythme pendant les efforts expulsifs. Un peu patraque l'enfant, un peu gris, geignant... La SF l'a emmené en couveuse en salle de réa histoire qu'on le surveille. Elle m'a dit d'aller le voir et de lui dire ce que j'en pensais, alors j'ai sorti ma petite feuille et je notais les critères de Silverman dont je me souvenais, genre... lol 'Fin bref, verdict évident, tous les signes de détresse respiratoire, ajoutez à cela un teint un peu grisâtre qui peut être signe d'infection, et de la fièvre, et ça vaut bien un petit coup de fil au pédiatre... qui s'est avéré fort rassurant, et effectivement ça s'est calmé. J'ai fait le post-partum immédiat et c'est pendant ces deux heures que la mère de la femme s'est révelée légèrement lourde... Dans le désordre, elle a demandé si sa fille pouvait manger, j'ai expliqué que pendant les deux heures de surveillance il fallait encore rester à jeûn, parce qu'on ne savait pas ce qui pouvait arriver, c'est le principe de cette surveillance, mais elle a quand même insisté pour savoir si le copain de sa fille pouvait pas lui ramener un menu best of... Hum. Elle a également beaucoup insisté pour que sa famille, restée en salle d'attente, puisse voir le bébé, alors qu'on lui a dit cinquante fois qu'une seule personne était autorisée à accompagner en salle de naissance... Donc elle voulait qu'on amène le bébé à la porte de la salle d'attente, bébé qui je le rappelle allait vraiment super bien à la naissance et avait justement besoin d'un petit courant d'air frais pour consolider le tout. Qu'on demande, ok, mais qu'on insiste après avoir eu des explications (valables, il me semble), c'est un peu lourd. Ensuite elle a insisté pour pouvoir dormir à l'hôpital avec sa fille, parce que vous comprenez madame, mon copain il a fermé la porte à clé et moi j'suis coincée j'peux pas rentrer il faut que je reste ici cette nuit... Seulement l'hôpital ça n'est pas l'hôtel, et n'importe qui ne peut y dormir, question de règles, de responsabilités... Dans certaines mater' les papas peuvent rester auprès de leur femme et de leur bébé même la nuit, mais là il ne s'agissait pas de favoriser l'établissement du lien grand-mère-enfant quoi, faut arrêter. Légèrement exaspérant. Deux heures pétantes après l'accouchement, elle vient se plaindre qu'on ne soit pas déjà en train de préparer sa fille, c'est booon, j'arriiiiive (et avec le sourire, parce que j'suis bonne). Je fais un sondage urinaire, une toilette, je vérifie les saignements, je change la chemise, j'enlève le cathéter de péridurale, et là, the best... Je suis en train d'enlever le cathéter de la perfusion, quand la mère me dit un truc que je ne comprends pas, je la fais répéter, et qu'ouïe-je ? "madame, vous êtes trop lente". Non mais je rêve... Vous voulez le faire vous-même, peut-être ? Punaise, je n'ai jamais été aussi contente de voir une dame passer en chambre, et jamais aussi gênée pour une accouchée, qui tentait de calmer un peu les ardeurs de sa maman...
    Le reste de la nuit, j'ai suivi deux femmes avec la troisième SF de l'équipe. Une première dame arrivée à 4cm, à qui on a posé la péridurale... et qui a commencé à faire des anomalies sévères de RCF. Par chance, elle s'est vite dilatée à 9cm. La pauvre, avec l'interne et la SF on s'est un peu acharnée sur elle (en plus c'est con mais elle était super sympa alors ça me gênait qu'on l'embête comme ça) : la SF a examiné, col à 9 donc, j'examine et je pense trouver le col aussi, puis l'interne arrive et examine, et ne trouve pas de col (ça m'a fait sourire parce que j'suis vraiment persuadée de l'avoir senti mais bon je ne l'ai pas ramené, j'ai laissé la SF défendre ses idées... lol), donc la SF rééééexamine, trouve un col, et l'interne rééééééééééééééééééééééexamine et ne trouve rien... Bref, ça restait une bonne nouvelle puisque. On a passé la dame au bloc en vue d'une césarienne, mais comme elle n'avait quasiment plus de col et une tête bien comme il faut, elle a pu accoucher par voie basse avec des forceps, et ça c'est chouette. Avec un bébé qui va bien à la clé, alors qu'avec des décélérations comme ça, je craignais de retrouver une poupée de chiffon, alors c'était deux fois plus chouette. Elle est retournée en salle pour le post-partum, comme si de rien n'était, et c'est moi qui l'ai suivie.
    Enfin, une deuxième femme déclenchée, en début de travail, avec pose de péri et examens du col à la clé. Bon ben, encore un travail pas top, puisque la dame a stagné à 3cm pendant 4 heures, avec des anomalies de rythme (décélérations uniformes tardives j'crois, enfin uniformes sûre) systématiques à chaque contraction... Quand on a passé la main à 8h, on s'est dit qu'elle passerait sans doute en césarienne après le changement d'équipe. Elle me disait, la dame, son bébé il descend pas parce qu'il attend qu'elle mange, tous les matins il est haut comme ça tant qu'il a pas sa dose, après il desend, donc faut qu'elle prenne son p'tit dej... C'est mignon. Je lui ai expliqué que ça fonctionnait pas tout à fait comme ça, et qu'en plus, dans les conditions actuelles il était hors de question qu'elle mange puisque le spectre de la césarienne planait dangereusement au-dessus de sa tête...

    C'est sur ces belles paroles que j'ai achevé ma garde. J'ai fait remplir ma dernière feuille d'évaluation, on était toutes autour de la table de l'office, les trois SF de la garde et moi, et elles m'ont demandé ce que j'avais pensé de mon stage, et elles m'ont dit ce qu'elles avaient pensé de moi, elles étaient contentes, et moi j'étais juste aux anges. Contente de retourner officiellement en vacances, évidemment, mais tellement contente de ce stage, aussi ! Tellement riche... Une ambiance vraiment unique, je le sais, parce que dès l'année prochaine, en salle, on va attendre plein de trucs de moi, je vais devoir faire mes preuves, montrer que je sais, réussir, progresser... Alors que là j'ai pu découvrir, tranquillement, commencer à apprivoiser les situations, les examens, j'étais avec des nanas géniales qui ont pris plaisir à m'apprendre, à m'aider... C'était idéal, quoi. J'appréhende l'année prochaine, bien sûr, mais grâce à ce stage j'ai reçu une initiation dont j'avais besoin, et je suis contente de ça, vraiment.

Publié dans : Stages PP1
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Jeudi 19 juin 2008
   
    Non, rassurez-vous, je suis toujours de ce monde. Puis c'est comme si je l'avais senti, j'ai pris des notes en sortant de mes dernières gardes pour avoir quelques souvenirs, j'suis fine ! Dans le détail ça va être dur, mais il me reste les grandes lignes quoi, au moins.


    Cinquième garde, 8h-20h.

    J'ai suivi une des sages-femmes que j'avais eu pendant ma deuxième garde. Il y a eu un premier accouchement assez tôt dans la journée, une troisième pare (donc troisième enfant), un bébé tout blond ! J'ai suivi deux autres femmes en travail et pour leur accouchement, les deux étaient accompagnées de leur soeur, j'ai trouvé ça super mignon, c'est fort de partager ce moment en famille. La première dame a fait de la fièvre pendant le travail, genre 39°c quoi, pas cool (heureusement que la petite étudiante consciencieuse est là pour faire marcher le thermomètre de temps en temps... j'ai l'impression que je suis la seule à y penser à chaque garde !). J'ai mis trois plombes à prélever ses hémocultures (pour rechercher des bactéries dans le sang) parce que je ne connaissais pas le système de l'hôpital, finalement je me suis lancée, j'ai piqué, je n'ai pas eu de sang, et je me suis aperçu que mon garrot était détaché... haha, la bonne blague, et la honte surtout parce qu'obligée de repiquer ! L'accouchement s'est fait sans soucis et sage-femme chérie m'a fait dégager les épaules, c'était la première fois que j'accédais enfin à cette étape. Je me suis occupée de tout, soins et examen du nouveau-né, et post-partum immédiat.
    La deuxième femme que j'ai suivie était hospitalisée pour MAP (menace d'accouchement prématuré), elle a fini par passer en salle. Il s'agissait d'un déni de grossesse, c'est toujours étrange à concevoir, surtout quand on apprend que c'est le deuxième pour cette femme... Mais soit ! Alors je me suis occupée d'elle en travail, j'ai appris à guider ma sonde urinaire en repoussant un peu la tête du bébé avec ma deuxième main quand ça bloque, et j'ai failli pouvoir rompre les membranes (pour accélerer un peu le travail, on rompt pour que la tête du bébé appuie plus sur le col et le fasse travailler). En fait je sentais vraiment bien la poche des eaux bombantes, mais j'ai eu du mal à sentir le col ; la sage-femme m'a dit qu'elle ne pouvait pas me laisser faire si je ne trouvais pas le col, évidemment je l'ai senti à ce moment-là, genre je raconte n'importe quoi pour pouvoir rompre... lol Au final j'ai laissé la main, c'est normal de ne pas me laisser faire ce geste si je ne suis pas sûre de moi, même si j'ai fini par l'être elle a pris ses précautions. Grossesse non suivie + MAP =... risque d'infection. Et effectivement, à la naissance la sage-femme a préféré envoyer le bébé en néonat' : teint grisâtre et surtout des petits points blancs partout sur le cordon :| Etonnant et pas rassurant. La sage-femme m'a laissée seule dans la salle le temps pour elle de s'occuper du bébé avec les pédiatres, et à partir de là j'ai super honte et je me sens trop mal. Restait la délivrance de cette p'tite dame à faire... Je déplie le segment inférieur de l'utérus régulièrement comme on me l'a montré, si le cordon remonte c'est que le placenta est encore inséré, sinon c'est qu'il est en voie d'expulsion. Au début, ça remonte. J'attends, je manipule délicatement le cordon, sans tirer, j'attends, je redéplie, je re-attends, et là ça semble vouloir venir. Je vois le placenta qui arrive (sur le côté du cordon, pas derrière le cordon), je demande à la dame de pousser un peu, au bout de deux/trois poussées il est enfin là... Mais voilà, la dame elle saigne. L'aide-soignante revient à ce moment-là (non mais pour vous dire, j'étais vraiment seule dans la salle !), me dit que ça saigne... La sage-femme revient, et elle décide de faire une révision utérine (RU, la main dans l'utérus, pour vérifier qu'il ne reste pas de débris ni de membrane) et elle ramène des débris, et des membranes... Et je me suis sentie archi-mal, super coupable. J'ai préparé gentiment les antibiotiques à passer à la p'tite dame pendant la RU, et j'lui ai dit, à la sage-femme, j'pense vraiment pas avoir tiré, je sais qu'il ne faut pas, puis je l'ai faite pousser quand je voyais le placenta arriver... Peut-être que j'ai fait tout ça un peu vite, enfin j'sais pas, j'étais vraiment désolée et en même temps j'ai du mal à voir où j'ai merdé, et en même temps ça arrive parfois naturellement ce genre de soucis, et en même temps fallait pas me laisser seule, et en même temps la sage-femme ne m'en a pas voulu du tout, et heureusement que la p'tite dame avait une péridurale et n'a pas été gênée par la douleur... Enfin, je suis sortie de cette garde les larmes aux yeux, complètement honteuse. Et en même temps, j'sais tellement pas :(



    Sixième garde, 20h-8h.

    La nuit a été calme : un suivi de travail avec accouchement au petit matin, et un accouchement express en toute fin de garde.
    J'ai fait le suivi de travail avec une des trois sages-femmes de garde, LA sage du service quoi, trente ans d'expérience, la maman de toutes les jeunettes de Montreuil, celle qui rassure, celle qui sait, ça m'a fait très plaisir de tomber sur elle. Notre femme en travail était une toute jeune femme à peine majeure, sa maman est restée toute la nuit à ses côtés. Je m'en suis occupée de A à Z : je lui ai fait une intra-musculaire de Spasfon dans la fesse, je l'ai perfusée, j'ai assisté l'anesthésiste dans la pose de la péridurale et j'ai fait les touchers vaginaux pour suivre l'évolution du travail avec la SF. J'ai pu cette fois rompre les membranes (percer la poche des eaux quoi, comme je l'explique au-dessus), j'ai eu du liquide mais je dois avouer que plus tard la SF a du le refaire pour que ce soit plus franc. Faut un début à tout ! Sinon, ben la péridurale c'est cool, ça apporte un confort assez incroyable en fait, combien de dames dorment en salle de travail la nuit, alors qu'elles ne sont qu'à quelques heures de leur accouchement... Ce fut le cas de notre petite femme de cette nuit, qui s'est bien bien reposée en attendant le moment fatidique des efforts expulsifs.
    Vers 5h du matin, bébé est engagé, on s'installe. Et c'est le début de la catastrophe. La dame est fatiguée, elle est flippée, et elle y met toute la mauvaise volonté du monde. Les poussées sont trop courtes, trop espacées, elle se tortille dans tous les sens, bref ses efforts sont totalement inefficaces. Au bout de vingt minutes sans progression, la sage-femme enlève ses gants et dit à la dame qu'elle l'appelle quand elle sera prête à pousser... Je me retrouve donc seule avec l'aide-soignante dans la salle, vu comme c'est parti je ne risque a priori pas de me retrouver à faire un accouchement toute seule (ça aurait été folklorique), je me contente de guider la dame pendant ses contractions mais franchement les conseils lui passent loin au-dessus de la tête. Surprise, une sage-femme arrive dans la salle mais ça n'est pas celle qui a commencé l'accouchement, la doyenne des SF du service a jeté l'éponge et est allée réveiller une de ses collègues qui dormait, disant qu'elle n'avait jamais vu ça, c'est dire à quel point c'était hallucinant. Surtout que c'est une SF qui semble tellement zen, tellement posée, pour qu'elle ait passé la main il fallait vraiment qu'elle soit à bout. Donc, on se remet au boulot, mais évidemment rien ne change et rien n'avance. Au bout d'une trentaine de minutes d'efforts expulsifs, la SF abat la carte du médecin, ça sera la seule solution si la femme ne pousse pas efficacement, si elle continue de soulever les fesses, de lever les jambes, de se tordre le dos... Même sa mère l'engueule en lui tenant la main ! Après trois-quart d'heures de poussée (théoriquement c'est déjà trop), l'interne et le chef de garde débarquent dans la chambre, et ça ne rigole plus. J'ai un peu halluciné, le chef s'est approché de la femme et lui a gueulé dessus, j'en ai eu mal aux oreilles :/ Il a voulu la convaincre d'y mettre du sien, quoi. C'était trop bête d'en arriver aux forceps alors qu'elle avait la possibilité physique d'accoucher naturellement. Une épisio pour faciliter le passage, et cinq petites minutes d'efforts en présence des médecins pour que le bébé finisse par pointer le bout de son nez. C'était juste surréaliste, cet accouchement. J'ai fait le suivi post-partum ensuite, tout s'est bien passé.
    Un peu avant 7 heures du matin, une femme (deuxième pare donc deuxième enfant) se pointe aux urgences avec un col dilaté à 9cm, verdict de la SF, on s'installe immédiatement ! J'ai réussi à perfuser en urgence, la classe. Son mari est avec elle (en fait elle attendait qu'il soit de retour à la maison pour partir à l'hôpital, heureusement qu'il n'a pas plus tardé !). Ca sera sans péridurale, of course, il est bien trop tard. L'accouchement se passe vite et bien, j'ai aidé à retenir un peu la tête. Ce couple était adorable, c'était chouette de finir ma garde là-dessus. J'ai vu un peu les deux extrêmes, cette nuit-là.



    Septième garde, 8h-20h.


    La veille j'étais à Disneyland à tester un certain nombre de fois la nouvelle attraction, ce jour-là je suis de garde pour douze heures et assiste à deux accouchements et une césarienne, ainsi va la vie, hein.
    La première dame en salle était accompagnée de sa môman, et elle était extrêmement, extrêmement pudique. Evidemment sa mère ne devait rien voir de nos examens, et encore elle avait le droit d'être présente à l'accouchement, ce qui n'était pas le cas du mari. Je ne vous raconte pas la tête de la dame quand la SF lui a proposé de se mettre à quatre pattes pour aider le bébé à descendre... lol N'empêche qu'elle était très gentille, cette dame. Et inquiète également, parce qu'elle avait déjà subi une césarienne, et que le travail ce coup-ci a connu plusieurs périodes un peu critiques. Il y a d'abord eu une stagnation à 5cm de dilatation, à ce stade on ne peut rien faire d'autre qu'attendre, et si ça se prolonge la suite de l'histoire se passe au bloc opératoire. Heureusement la situation a fini par évoluer, seulement à dilatation complète l'engagement du bébé dans le bassin s'est fait attendre, et là encore si ça ne progresse plus la solution c'est la césarienne. On se laisse plus ou moins de temps selon d'autres paramètres, comme la couleur du liquide amniotique (s'il est méconial, le bébé a fait des selles dedans, donc plus il baigne dans son liquide plus il risque d'en inhaler et c'est pas top du tout) ou le RCF (rythme cardiaque foetal), s'il y a des anomalies ou non. Après deux épisodes de frayeurs pour cette dame et sa maman (l'ombre d'une nouvelle césarienne ayant plané au-dessus de leurs têtes pendant tout le travail), le bébé s'engage finalement et on s'installe avec la gentille SF qui m'encadre. Seulement, tout n'est pas encore parfait pour cette dernière phase, et il faudra l'intervention des médecins et de leurs forceps pour extraire cette petite fille qui décidément n'était pas pressée de sortir du ventre de sa mère ! Comme le liquide était méconial, j'ai fait l'aspiration du nouveau-né (gastrique et naso-pharyngée). Je ne me souviens plus si j'ai fait les premiers soins du bébé ou non, en tout cas j'ai fait le suivi post-partum immédiat.
    La deuxième dame que j'ai suivie, une deuxième pare, était très sympatique. Comme pour la première, j'ai pu faire le suivi du travail avec les examens du col, je commence à prendre mes marques, ça fait plaisir. A l'accouchement, le mari était présent, et c'était marrant parce qu'il pratiquait je ne sais plus quel art martial et maitrisait à fond la respiration, donc il donnait les conseils à sa femme et soufflait avec elle, chou. Evidemment j'étais là avec mon tablier, ma charlotte, mon masque et mes gants, telle une warrior prête à intervenir. J'ai retenu la tête histoire qu'elle n'éclate pas le périnée (la sage-femme a dit que j'avais fait de bons débuts dans la maîtrise du périnée sur ma feuille d'évaluation, uhuh), et on m'a aidée à dégager les épaules. J'ai aspiré le bébé qui devait être encombré je suppose, je ne me souviens plus de la raison. Joli accouchement, mais malheureusement la délivrance s'est faite attendre... La SF a tenté une délivrance artificielle (DA, à la main), elle n'a pas réussi ; l'interne est arrivée et n'a pas réussi non plus ; le chef est arrivé et la femme a changé de couleur en voyant la taille de sa main, déjà qu'elle avait bien senti les deux tentatives de DA précédentes... Il a peiné pour faire la délivrance, apparemment le placenta était inséré dans une zone assez inaccessible de l'utérus, ne m'en demandez pas plus... lol Bref, il a ramené de la charpie et a du y retourner plusieurs fois jusqu'à être sûr qu'il ne restait plus une once de placenta dans l'utérus. Pauvre dame qui a bien souffert (et saleté de péridurale foireuse). Elle a eu droit à un long massage pour tonifier son utérus, et à du Nalador pour stopper l'hémorragie de la délivrance. J'ai fait le suivi post-partum (oui bon je le fais pour chaque dame que je suis en fait).
    Dans l'après-midi, il y a eu une période creuse pour ma sage-femme, et un passage en césarienne pour la dame d'une autre sage-femme (pour liquide méconial et d'autres raisons, il me semble qu'elle cumulait les indications pour une césarienne), donc je me suis habillée pour le bloc et j'ai suivi l'intervention. La SF m'a proposé de récupérer le bébé, j'ai tourné la paume de mes mains vers le plafond et elle m'a habillée d'un magnifique champ stérile. L'extraction s'est déroulée sans soucis et l'interne m'a passé le poisson assez rapidement, et pas dans une position super chouette, j'ai eu peur qu'il mourre étouffé le nez dans le champ en fait, mais non. On est sorties très vite avec la SF, pour s'occuper du bébé. Je l'ai aspiré (liquide méconial oblige), il était méga-encombré, et après une petite écoute du coeur au stéthoscope, la SF a pris ma place, bradycardie (rythme cardiaque trop lent)... Elle l'a aspiré à son tour puis ventilé, et il a repris un peu de tonus.
    La garde s'est terminée tranquillement, une de plus où j'ai fait plein de trucs chouettes.
Publié dans : Stages PP1
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