En deuxième année dans mon école, on passe une semaine chez une sage-femme libérale, histoire d’avoir un aperçu de cette façon d’exercer notre profession. C’est plutôt sympa, mais pas super bien organisé. Quelques rares SF sont disponibles sur Paris, les autres sont en banlieue voire en graaande banlieue, et évidemment on n’a pas le droit d’en chercher une de notre côté, il faut trouver son bonheur dans la liste qu’on nous propose.
C’est ainsi que je me suis retrouvée à
l’autre bout du Val-de-Marne, que dis-je, à l’autre bout du monde, dans ce qui semblait être un village, à la lisière d’une forêt, un bled où la neige tient et où les bus ne passent qu’une fois
l’heure après 9h, et tout cela pendant la semaine pré-partiels. Autant dire que le cadre était très motivant. Je m’étais d’ailleurs calé une petite évaluation formative (une évaluation clinique
mais pour de faux, quoi) le jeudi, histoire de m’épargner un aller-retour dans la cambrousse.
Que peut faire une sage-femme qui exerce en libéral ? Des consultations pré-partum (suivi de grossesse mensuel), des cours de préparation à la naissance, des suites de couches, des consultations post-partum (6 à 8 semaines après l’accouchement), de la rééducation périnéale (et très exceptionnellement des accouchements, mais si vous avez vu 66 Minutes sur le sujet, vous savez qu’aucune assurance ne couvre les sages-femmes qui pratiquent les accouchements à domicile, ce qui ne facilite pas la tâche). Les consultations ont lieu dans un cabinet ou à domicile.
Qu’a fait ma sage-femme libérale la
semaine où je l’ai suivie ? De la rééducation périnéale, de la rééducation périnéale et de la rééducation périnéale. Je suis arrivée sans aucune notion dans ce domaine, donc même si c’était
un peu rébarbatif, ce stage m’a permis de m’initier à la rééducation périnéale et d’en saisir vraiment les enjeux. Cette SF fait ça en deux temps :
Dès le premier jour (au bout du
cinquième rendez-vous j’avais à peu près capter les grands principes…), j’ai pu faire le testing manuel, et le lendemain je commençais à m’occuper de la machine. Le dernier jour elle m’a laissée
m’occuper complètement de deux patientes que j’avais vues plus tôt dans la semaine, c’était à moi de les coacher et tout, hihi. Bon c’est mignon mais on se rend vraiment compte de l’importance de
la rééducation post-partum quand on fait le testing manuel, certaines femmes ont vraiment perdu le contrôle de cette zone de leur corps, pour certaines c’est juste un manque de force, pour
d’autres c’est carrément le néant, aucune réponse du périnée, et c’est hyper angoissant de partir de zéro. La rééducation permet de retrouver le contrôle de ses sphincters (éviter les fuites
urinaires ou l’incontinence anale), de prévenir du prolapsus (« descente d’organe », l’utérus, la vessie ou le rectum qui sont maintenus par les muscles périnéaux peuvent s’affaisser et
éventuellement s’extérioriser), et de retrouver au passage des sensations agréables lors des rapports sexuels. Dix séances sont remboursées par la Sécu, le congé maternité donne du temps, donc
pas d’excuse à ne pas le faire.
J’ai assisté à deux cours de préparation à la naissance, un sur les suites de couches et l’autre sur la respiration pendant le travail, ce dernier était plutôt intéressant.