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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /2009 21:04
                               

                En deuxième année dans mon école, on passe une semaine chez une sage-femme libérale, histoire d’avoir un aperçu de cette façon d’exercer notre profession. C’est plutôt sympa, mais pas super bien organisé. Quelques rares SF sont disponibles sur Paris, les autres sont en banlieue voire en graaande banlieue, et évidemment on n’a pas le droit d’en chercher une de notre côté, il faut trouver son bonheur dans la liste qu’on nous propose.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à l’autre bout du Val-de-Marne, que dis-je, à l’autre bout du monde, dans ce qui semblait être un village, à la lisière d’une forêt, un bled où la neige tient et où les bus ne passent qu’une fois l’heure après 9h, et tout cela pendant la semaine pré-partiels. Autant dire que le cadre était très motivant. Je m’étais d’ailleurs calé une petite évaluation formative (une évaluation clinique mais pour de faux, quoi) le jeudi, histoire de m’épargner un aller-retour dans la cambrousse.


                Que peut faire une sage-femme qui exerce en libéral ? Des consultations pré-partum (suivi de grossesse mensuel), des cours de préparation à la naissance, des suites de couches, des consultations post-partum (6 à 8 semaines après l’accouchement), de la rééducation périnéale (et très exceptionnellement des accouchements, mais si vous avez vu 66 Minutes sur le sujet, vous savez qu’aucune assurance ne couvre les sages-femmes qui pratiquent les accouchements à domicile, ce qui ne facilite pas la tâche). Les consultations ont lieu dans un cabinet ou à domicile.

                Qu’a fait ma sage-femme libérale la semaine où je l’ai suivie ? De la rééducation périnéale, de la rééducation périnéale et de la rééducation périnéale. Je suis arrivée sans aucune notion dans ce domaine, donc même si c’était un peu rébarbatif, ce stage m’a permis de m’initier à la rééducation périnéale et d’en saisir vraiment les enjeux. Cette SF fait ça en deux temps :

 

 

 

  • Le testing manuel : deux doigts dans le vagin (qui regardent en bas, contrairement aux examens gynécologiques où les doigts sont tournés vers le haut), et on demande à la femme de serrer son périnée (toute la zone musculaire située entre les jambes, sans serrer les abdominaux ni les fessiers) de différentes façons, en insistant sur derrière (genre retenez un gaz), sur le haut (retenez une forte envie d’uriner), sur les côtés (tentez de rapprocher mes doigts). Avec les sensations et la force perçues sur les doigts, on met une note entre 0 et 5.


 

  • La sonde vaginale : dans un premier temps, un influx électrique transmis par la sonde (reliée à une machine, of course) entraîne la contraction des muscles du périnée, on choisit parmi différents programmes qui font travailler plus ou moins en profondeur et de manière plus ou moins intensive, selon le résultat du testing manuel ; la femme doit accompagner au maximum cette contraction en contractant volontairement son périnée en même temps. Dans un second temps, c’est la femme qui devra contracter seule son périnée, pendant X secondes, avec X secondes de repos, et la sonde capte l’intensité de la contraction, la moyenne obtenue est comparée avec celle de la séance précédente et bien sûr on veut que ça augmente. Il y a également des capteurs au niveau des abdo (les femmes les détestent, hinhin), pour vérifier que la contraction du périnée n’est pas faussée par une contraction abdominale.

 


 

Dès le premier jour (au bout du cinquième rendez-vous j’avais à peu près capter les grands principes…), j’ai pu faire le testing manuel, et le lendemain je commençais à m’occuper de la machine. Le dernier jour elle m’a laissée m’occuper complètement de deux patientes que j’avais vues plus tôt dans la semaine, c’était à moi de les coacher et tout, hihi. Bon c’est mignon mais on se rend vraiment compte de l’importance de la rééducation post-partum quand on fait le testing manuel, certaines femmes ont vraiment perdu le contrôle de cette zone de leur corps, pour certaines c’est juste un manque de force, pour d’autres c’est carrément le néant, aucune réponse du périnée, et c’est hyper angoissant de partir de zéro. La rééducation permet de retrouver le contrôle de ses sphincters (éviter les fuites urinaires ou l’incontinence anale), de prévenir du prolapsus (« descente d’organe », l’utérus, la vessie ou le rectum qui sont maintenus par les muscles périnéaux peuvent s’affaisser et éventuellement s’extérioriser), et de retrouver au passage des sensations agréables lors des rapports sexuels. Dix séances sont remboursées par la Sécu, le congé maternité donne du temps, donc pas d’excuse à ne pas le faire.

J’ai assisté à deux cours de préparation à la naissance, un sur les suites de couches et l’autre sur la respiration pendant le travail, ce dernier était plutôt intéressant.

Publié dans : Stages PP2
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