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Stages PP2

Dimanche 27 septembre 2009
- Un jour viendra... -

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Mercredi 4 mars 2009
                               

                En deuxième année dans mon école, on passe une semaine chez une sage-femme libérale, histoire d’avoir un aperçu de cette façon d’exercer notre profession. C’est plutôt sympa, mais pas super bien organisé. Quelques rares SF sont disponibles sur Paris, les autres sont en banlieue voire en graaande banlieue, et évidemment on n’a pas le droit d’en chercher une de notre côté, il faut trouver son bonheur dans la liste qu’on nous propose.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à l’autre bout du Val-de-Marne, que dis-je, à l’autre bout du monde, dans ce qui semblait être un village, à la lisière d’une forêt, un bled où la neige tient et où les bus ne passent qu’une fois l’heure après 9h, et tout cela pendant la semaine pré-partiels. Autant dire que le cadre était très motivant. Je m’étais d’ailleurs calé une petite évaluation formative (une évaluation clinique mais pour de faux, quoi) le jeudi, histoire de m’épargner un aller-retour dans la cambrousse.


                Que peut faire une sage-femme qui exerce en libéral ? Des consultations pré-partum (suivi de grossesse mensuel), des cours de préparation à la naissance, des suites de couches, des consultations post-partum (6 à 8 semaines après l’accouchement), de la rééducation périnéale (et très exceptionnellement des accouchements, mais si vous avez vu 66 Minutes sur le sujet, vous savez qu’aucune assurance ne couvre les sages-femmes qui pratiquent les accouchements à domicile, ce qui ne facilite pas la tâche). Les consultations ont lieu dans un cabinet ou à domicile.

                Qu’a fait ma sage-femme libérale la semaine où je l’ai suivie ? De la rééducation périnéale, de la rééducation périnéale et de la rééducation périnéale. Je suis arrivée sans aucune notion dans ce domaine, donc même si c’était un peu rébarbatif, ce stage m’a permis de m’initier à la rééducation périnéale et d’en saisir vraiment les enjeux. Cette SF fait ça en deux temps :

 

 

 

  • Le testing manuel : deux doigts dans le vagin (qui regardent en bas, contrairement aux examens gynécologiques où les doigts sont tournés vers le haut), et on demande à la femme de serrer son périnée (toute la zone musculaire située entre les jambes, sans serrer les abdominaux ni les fessiers) de différentes façons, en insistant sur derrière (genre retenez un gaz), sur le haut (retenez une forte envie d’uriner), sur les côtés (tentez de rapprocher mes doigts). Avec les sensations et la force perçues sur les doigts, on met une note entre 0 et 5.


 

  • La sonde vaginale : dans un premier temps, un influx électrique transmis par la sonde (reliée à une machine, of course) entraîne la contraction des muscles du périnée, on choisit parmi différents programmes qui font travailler plus ou moins en profondeur et de manière plus ou moins intensive, selon le résultat du testing manuel ; la femme doit accompagner au maximum cette contraction en contractant volontairement son périnée en même temps. Dans un second temps, c’est la femme qui devra contracter seule son périnée, pendant X secondes, avec X secondes de repos, et la sonde capte l’intensité de la contraction, la moyenne obtenue est comparée avec celle de la séance précédente et bien sûr on veut que ça augmente. Il y a également des capteurs au niveau des abdo (les femmes les détestent, hinhin), pour vérifier que la contraction du périnée n’est pas faussée par une contraction abdominale.

 


 

Dès le premier jour (au bout du cinquième rendez-vous j’avais à peu près capter les grands principes…), j’ai pu faire le testing manuel, et le lendemain je commençais à m’occuper de la machine. Le dernier jour elle m’a laissée m’occuper complètement de deux patientes que j’avais vues plus tôt dans la semaine, c’était à moi de les coacher et tout, hihi. Bon c’est mignon mais on se rend vraiment compte de l’importance de la rééducation post-partum quand on fait le testing manuel, certaines femmes ont vraiment perdu le contrôle de cette zone de leur corps, pour certaines c’est juste un manque de force, pour d’autres c’est carrément le néant, aucune réponse du périnée, et c’est hyper angoissant de partir de zéro. La rééducation permet de retrouver le contrôle de ses sphincters (éviter les fuites urinaires ou l’incontinence anale), de prévenir du prolapsus (« descente d’organe », l’utérus, la vessie ou le rectum qui sont maintenus par les muscles périnéaux peuvent s’affaisser et éventuellement s’extérioriser), et de retrouver au passage des sensations agréables lors des rapports sexuels. Dix séances sont remboursées par la Sécu, le congé maternité donne du temps, donc pas d’excuse à ne pas le faire.

J’ai assisté à deux cours de préparation à la naissance, un sur les suites de couches et l’autre sur la respiration pendant le travail, ce dernier était plutôt intéressant.


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Mercredi 4 mars 2009
- Un jour viendra... -

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Mercredi 4 mars 2009

               Me connaissant, j'ai pris quelques notes à propos de mes gardes pour me souvenir des grandes lignes et pouvoir les raconter, c'était bien vu. Alors voilà, on est en juin, je fais le tri dans la pile de paperasse qui recouvre mon bureau et voilà-t'y pas que je tombe sur une petite feuille mauve pliée en quatre, avec des petits détails sur mes gardes d'octobre. Commençons donc par le commencement, stage number one de deuxième année, en salle de naissance dans mon CHU (carrément flippant quand on sait que les 3/4 des gens qui y sont allés en 1ère année ont super mal vécu leur stage, notamment à cause d'une sage-femme redoutablement cassante...).

               Première garde, 8h - 20h. En arrivant, j'ai découvert que la sage-femme avec qui j'avais fait ma journée d'observation est là aussi. Tout de suite, elle m'a mise plutôt à l'aise, a pris le temps de me montrer les salles, le matériel, les crèches (où l'on fait les soins aux nouveau-nés et éventuellement les réanimations). La petite surprise du jour, ça a été l'arrivée d'une équipe de tournage du Magazine de la Santé ! De quoi vous mettre à l'aise pour votre première garde de l'année... :) L'équipe venait suivre un déclenchement pour diabète gestationnel, chez une troisième pare. La journée a été calme, on ne s'est occupées que de cette dame, avec la sage-femme. Bon, je n'ai pas fait grand chose puisque dès qu'on entrait dans la salle d'accouchement, l'équipe nous suivait. J'ai pu faire quelques TV, j'étais là pour la pose de péridurale, et pour l'accouchement je me suis habillée et j'ai participé pour retenir la tête, mais c'est la sage-femme qui a fini. En même temps, la situation n'était pas idéale pour qu'elle m'apprenne des choses. La délivrance ne s'est pas faite naturellement donc elle m'a laissée m'occuper du bébé pendant qu'elle faisait la délivrance artificielle. L'équipe m'a suivie, on m'a filmée en train de faire des conneries (genre peser le bébé avec son long cordon et surtout la pince à clamper dessus... lol, je vous rassure on l'a repesé après), on m'a demandé de recommencer des choses parce que la séquence n'était pas bien filmée, tout ça... C'était marrant. C'est passé quelques jours après et on voit GRAVE ma tronche quand la SF parle du dextro (glycémie capillaire) qu'elle a fait au bébé. Non mais je n'ai signé aucune autorisation, rooh !

               J'ai fait deux autres gardes avec la même sage-femme, ça s'est super bien passé. Elle a été très pédagogue, notamment pendant une consultation aux urgences en fin de garde, elle est venue avec moi, elle m'a dit de mener le truc, elle m'a guidée quand elle voyait que je perdais pied, tout ça super gentiment. On a eu une nuit qui a commencé très calmement et qui s'est complètement précipitée en fin de garde ! On suivait deux femmes chinoises ne parlant pas français (fallait faire gaffe de ne pas se planter dans les noms !). La première a demandé la péridurale au dernier moment parce qu'elle n'en pouvait plus ; à dilatation complète du col le foetus ne s'engageait pas et il y avait des anomalies du RCF (rythme cardiaque foetal) donc l'interne a été appelé. On a essayé de faire pousser la dame, pas efficace... En attendant que le chef arrive, c'est moi qu'ai fait pousser, c'était la première fois qu'on me disait de guider avec des "poussez, encore, encore, blablabla" et mine de rien au début c'est très déstabilisant. On se sent bête (surtout quand on est entouré de la SF, de l'infirmière, et de l'interne qui vous dit de guider la dame, et que tout ce petit monde vous regarde faire). Le chef est arrivé (MONSIEUR le chef de service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital, s'il-vous-plaît !), tentative de forceps, échec... Rien à faire, ce bébé ne sortira pas par voie basse. On se dirige vers le bloc en urgence, à 6h15 naît par césarienne une petite fille avec des jolis signes de disproportion foeto-pelvienne (bosse séro-sanguine et chevauchement des os du crâne). A peine sorties du bloc avec la sage-femme, on a foncé dans la salle de notre deuxième femme chinoise, sur le point d'accoucher !.. d'une belle pépette de 4200g, rien que ça, à 7h du matin. On n'a pas chômé.
               Sur une autre garde, j'ai pu voir à quoi ressemblait un RCF micro-oscillant non-réactif (en gros, un RCF pas beau). Depuis le début du travail le rythme avait cette tête-là, donc l'équipe s'est laissé du temps. L'interne a fait deux pH au scalp (on place une sorte de spéculum dans le vagin pour apercevoir le sommet du crâne du foetus, sachant que le col est en train de se dilater, on fait une micro-incision sur la peau du crâne pour obtenir un peu de sang, qu'on récupère par capillarité à l'aide de petites mèches, et hop, on en analyse le pH dans la machine... C'est un indicateur de bien-être foetal, s'il est inférieur à 7,20 c'est un signe de souffrance, donc associé à d'autres signes ça devient de mauvais pronostic et ça aide à prendre une décision sur la suite des évènements). En l'occurence, malgré un RCF anormal le pH de ce petit était bon, donc on a attendu. C'est une stagnation de la dilatation à 6-7cm pendant trois heures qui a amené à la césarienne. Ca a été super dur pour la mère parce qu'elle avait bien compris que ça planait au-dessus de sa tête depuis le début du travail, mais elle avait l'espoir que ça se finirait par voie basse. Avec la sage-femme, on flippait un peu de l'état dans lequel on allait récupérer le nouveau-né, vu son rythme... Ben il allait super bien :) Au bloc, je l'ai montré à sa mère, c'est moi qui lui ai amené ensuite quand elle était retournée en salle, c'était émouvant !

               Au final, j'ai bien aimé mon stage au CHU, même si certaines SF m'ont fait chier avec leurs reproches (j'ai même pleuré à cause d'une conne de SF aux urgences qui me filait ses dossiers en me croisant dans le couloir et m'envoyait poser ses monitos alors que je m'occupais de deux dames en salle, et qui me reprochait ensuite de ne pas avoir surveillé SES rythmes, et de ne pas avoir pris le temps de regarder pourquoi SES patientes étaient sous monito... Genre c'est mon premier stage de l'année en salle et il faut que je sache gérer 50 trucs à la fois... Grrr). Mais avec du recul, je garde un bon souvenir de ce stage. J'ai réussi à zapper les mauvais moments et les réflexions blessantes, j'ai croisé la route de quelques sages-femmes très gentilles qui ont eu envie de me faire progresser, j'ai fait des suivis de travail, de vrais beaux accouchements à quatre mains, j'ai suivi des césariennes, des post-partum... Rien d'extraordinaire en salle, me direz-vous, mais j'ai surtout commencé à prendre ma place en tant que 2ème année, officiellement aux côtés des sages-femmes, officiellement là pour apprendre ce métier.


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