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Jeudi 18 septembre 2008

    Deuxième partie de ce stage, une semaine aux urgences. Et je m'y suis, comment dire... je m'y suis emmerdée sévère, en fait. Et toc.

    En gros, comment ça se passe pour le patient... Vous arrivez par vos propres moyens ou par les pompiers/le SAMU/une ambulance quelconque (rayez la mention inutile), et vous attendez (très peu). On vous reçoit à l'accueil où vous présentez une pièce d'identité et votre carte vitale, on vous enregistre, et vous attendez (un peu). Un "infirmier d'accueil et d'orientation" (IAO) vous reçoit dans un box, prend vos constantes (tension, pouls, température) et vous questionne sur votre venue dans le service, pourquoi, comment, depuis quand, antécédents, nianiania. Et là, ce que vous ignorez (mais vous pouvez vous en douter quand même), c'est que l'IAO vous colle une couleur qui indique la gravité de votre cas et le temps d'attente maximal avant la consultation. Si vous êtes rouge, vous n'êtes pas passé par l'accueil ni par l'IAO parce que vous êtes en très mauvais état et qu'on perdra du temps avec votre carte vitale plus tard. Si vous êtes vert ou pire, bleu, j'espère que vous avez emmené un bouquin. Mais si vous êtes bleu, on vous aura sans doute conseillé de rentrer à la maison et de prendre rendez-vous avec votre généraliste. Seulement, la vie est dure, et votre genou qui vous fait mal depuis un mois ne peut plus attendre (vous pensiez pourtant que ça allait s'arranger mais force est de constater que ça vous lance toujours). Et ce salaud d'IAO qui vous dit que vous attendrez au moins quatre heures avant d'être vu, QUOI ?! 'Tain mais s'pas possible là ! Ce sont les quatre heures de trop, après un mois de souffrance, impossible de supporter ça plus longtemps. Parfois le gentil IAO sait trouver les mots pour vous rassurer et vous faire retrouver le chemin de votre domicile. Madame, cette douleur que vous avez quand vous appuyez au niveau du coude, c'est un hématome. Un bleu. Il va partir et la douleur avec. Alors, vous respirez de nouveau et vous quittez ce lieu un peu glauque. Puis si vous êtes jaune clair, jaune foncé ou bien orange, vous êtes là pour une raison valable, mais vous attendrez quand même (longtemps), parce que vous êtes aux urgences, hinhin. Vous êtes finalement vu par un médecin, qui prescrira parfois un bilan sanguin, parfois une pose de perfusion avec des solutés à passer, parfois une radio. Evidemment vous attendrez pour la radio, puis pour que le médecin revienne vous voir en ayant vu les clichés. S'il faut recoudre ou plâtrer, c'est fait sur place. Vous repartez finalement, avec votre ordonnance sous le bras et des conseils d'usage. Si vous ne repartez pas, c'est que vous nécessitiez une hospitalisation dans un service adapté à votre pathologie. Vous étiez sans doute orange, ou rouge.

    Et comment ça se passe pour l'étudiante sage-femme... Déjà, vous n'êtes pas seule. Une rivale étudiante infirmière vogue de box en box avec une aisance qui vous effraie un peu, elle fait tout, elle perfuse tout le monde, elle passe sa vie à remplir ses transmissions sur les ordinateurs, alors que vous peinez à retenir ce que vous montre l'infirmière qui vous a prise en charge. Le premier carré rouge, ça veut dire "à voir par un médecin", le deuxième carré rouge, ça veut dire "soins prescrits par le médecin" (ça veut dire jetez-vous dessus avant que l'étudiante infirmière ne vous pique cette possibilité de techniquer un peu). Mouais, ok.  Vous êtes là pour cinq jours et vous sentez qu'il sera difficile de se faire une place (et vous sentez surtout que vous êtes en vacances juste après ce stage, qu'on est en plein juillet et que vous n'avez donc aucune motivation). Vous êtes la préposée aux ECG (électrocardiogramme), vous posez des patchs à des endroits bien précis (l'intérieur des chevilles, des poignets, le haut de la poitrine et autour du coeur) et vous connectez les capteurs. Hop, on ne parle plus, on ne bouge plus, on respire normalement... Vous pressez le bouton et le tour est joué, le tracé s'imprime, vous débranchez le patient et vous amenez ça au médecin. Oh, vous vous sentez fichtrement utile, d'un coup. Vous parvenez à dégotter une pose de perfusion, que vous ratez, évidemment. Vous n'êtes décidément pas en forme. Quoi ? Même les prises de sang, vous les loupez ? Diantre, restez au lit ! (C'est d'ailleurs ce que vous faites, n'arrivez jamais avant 8h quand on vous a dit 7h au plus tard, et c'est mal.) Au bout du troisième jour, d'on ne sait où, un autre étudiant infirmier fait son apparition (en troisième année lui aussi, flûte). C'est désormais la guerre pour trouver du taf, parce qu'en plus c'est un peu vide, par ici. Vous suivez une pose de perfusion par l'étudiante-rivale quand vous entendez de l'autre côté du paravent l'interne qui dit au patient qu'il sera perfusé. JE PRENDS ! Vous vous jetez sur votre cible et vous ne le lâchez plus, vous préparez votre plateau et haha, vous prévenez votre collègue étudiant, lorsqu'il vous rejoint dans la salle, que VOUS prenez en charge CE patient. Alors, sous les yeux des deux étudiants et d'une infirmière, il est temps de faire vos preuves (après vos multiples échecs précédents). Les veines de la main sont pas mal... Hop. Elle a pété ? Non elle a pas pété... Si ? Non j'crois pas... Non. C'est merveilleux, la veine n'a pas claqué ! Votre pose est affreuse, le cathéter n'est même pas enfoncé jusqu'au bout mais votre soluté passe sans problème. Une fois seule avec votre patient suspecté d'appendicite, vous lui annoncez quand même que sa perfusion fera rire tout le monde au bloc et qu'il se fera sans doute reperfuser, vous en êtes d'ailleurs désolée. Plus tard vous ferez une prise de sang à une jeune fille que vous ferez pleurer, c'est la honte de votre vie (bon, et la fin de la semaine, c'est quand ?). Vous errez beaucoup dans les couloirs quand il n'y a rien à faire, et c'est plutôt chiant. Le vendredi arrive et vous êtes soulagée, personne n'est décédé sous vos yeux et vous êtes enfin en vacances. Vous aurez vu de nombreux patients venant pour suspicion d'AVC (accident vasculaire cérébral) dont le symptôme le plus courant est l'hémiplégie (paralysie d'un côté du corps), vous aurez également vu beaucoup de personnes âgées atteintes de pathologies pulmonaires.

    C'est un peu léger côté santé, mais vraiment je n'ai pas aimé ce stage, et ça date un peu, et c'était super court, alors je n'ai pas des masses de souvenirs ! Et je me dépêche d'écrire avant la rentrée, alors excusez le style :p

    J'ai oublié de dire que pendant mon stage au bloc, une femme a fait un OAP (oedème aigu du poumon = en gros le poumon se remplit d'eau) au réveil, sa tension est montée à 21/15, je n'avais jamais vu ça :| A lire sur le tensiomètre (où l'on est habitué à voir de belles tensions, et à se dire "oh" quand le premier chiffre dépasse 14), c'était très impressionnant !
Publié dans : Stages PP1
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