Publicité

Présentation

Catégories

Recherche

Mercredi 23 avril 2008

    Maternité de l'hôpital Armand Trousseau, 4ème étage.

    De retour en suites de couches pour trois semaines, dans le public cette fois, et dans un établissement tout neuf. Comme c'était mon deuxième stage en suites de couches, je suis arrivée avec des objectifs personnels précis, en fonction des soins que j'avais déjà effectués et de ceux qu'on pratique dans ce service. Comme j'avais déjà suivi les auxiliaires, j'ai pu faire ma dernière semaine aux côtés des sages-femmes, histoire de me mettre tranquillement dans le bain.
    Le service compte 28 lits, je n'avais jamais travaillé dans aussi grand et j'ai eu du mal à comprendre comment les couloirs étaient fichus ! Disons, au bout d'une semaine, c'était enfin acquis... :p L'équipe du matin compte une ou deux infirmières selon les jours, une ou deux aide-soignantes, trois auxiliaires de puériculture et trois sages-femmes qui font des journées de dix heures (donc pas de SF la nuit).

    Les deux premières semaines, j'ai donc tourné avec les infirmières.
    Première étape à 6h45, préparer les traitements pour le matin et le midi (essentiellement du paracétamol, des anti-spasmodiques, des anti-inflammatoires et des comprimés de fer, parfois des gelées laxatives de paraffine). Une fois que c'est bouclé, le tour peut commencer : prise de tension (sachant qu'il n'y a qu'un seul tensiomètre dans le service, les infirmières apportent le leur...), de température (sachant qu'il n'y a pas de thermomètre dans le service, les infimières apportent le leur...), distribution des médicaments et petit interrogatoire pour s'assurer que tout va bien (douleurs, saignements, reprise du transit, de la miction, autonomie...). Les prises de sang, quand il y en a (au 1er et 5ème jour pour les césariennes, au 1er jour pour les voies basses), sont souvent faites pendant le tour.
    Après une petite pause, on organise le deuxième tour de la matinée : celui des pansements. A Trousseau, les césariennes sont suturées avec des agrafes ; au deuxième jour le pansement est enlevé, on fait juste un soin de cicatrice et on la laisse à l'air, à J3 les agrafes sont desserées, à J4 on en enlève une sur deux, et à J5 on enlève les dernières.
    Le reste de la matinée est rythmé par les ablations de sonde urinaire (24 heures après la césarienne), les injections de Lovenox (anticoagulants), les poses de dynamap (surveillance de la tension toutes les 3 minutes pendant 30 minutes), les pauses tout court... lol Les filles qui sont passées avant moi dans ce service disaient que oh mon dieu, ils manquent de personnel, on court partout, c'est terrible... Bon, moi je n'ai pas senti cette pression, alors tant mieux :) Je suis arrivée en même temps qu'une élève infirmière de 3ème année, très sympa, c'est chouette de se suivre comme ça. Pour finir sur les soins, j'ai donc pu continuer à me perfectionner pour les prélèvements sanguins, c'est d'ailleurs le soin que j'ai présenté à ma prof quand elle est passée me voir : j'ai du piquer pour la première fois sur la main parce que la dame n'avait aucune veine (j'vous jure... lol), j'ai surmonté cette dure épreuve comme une grande, oui oui. Je m'en suis donné à coeur joie avec les pansements et les ablations d'agrafes, j'ai fait pas mal d'injections d'anticoagulants et j'ai préparé quelques perfusions. J'ai fait deux ablations de sonde urinaire, et j'ai tenté un sondage aller-retour chez une femme qui n'arrivait pas à reprendre la miction après l'accouchement et dont la vessie était pleine de chez pleine, j'ai lamentablement échoué... Vivement la salle de naissance que je reprenne le geste.

    Les femmes sont assez autonomes en suites de couches, et pour les voies basses, il n'y a quasiment aucun soin. Donc comme je l'imaginais, au bout de deux semaines j'avais fait le tour au niveau infirmier (et j'en avais marre de me lever à 5h...), alors j'ai pu m'incruster dans l'équipe des sages-femmes, héhé. Bon, la première sage-femme que j'ai suivie m'a un peu refroidie, elle était super sympa mais alors, elle passe ses journées à courir ici et là, et moi, bah je lui courrais après, et ça n'était pas du tout agréable. Puis le deuxième jour elle m'a envoyée voir quelques patientes seule, mais quand j'étais avec elle dans une chambre elle ne me laissait rien faire, donc j'avais un peu l'impression qu'elle me laissait voir des patientes juste pour alléger sa journée, hum :) Bref, prise en charge moyenne, quoi, mais tant pis. Elle répondait quand même très gentiment à toutes mes questions, donc je n'ai pas perdu mon temps du tout. La seconde sage-femme que j'ai eu, pendant mes trois derniers jours, était un amouuuuur ♥ Vraiment, surtout après les deux premiers jours, j'ai vraiment, complètement, absolument adoré mes journées.

    Reprenons les choses dans l'ordre... Le matin à 8h30, il y a un staff obstétrical, qui réunit le chef de service et/ou son "inférieur" (bouh la honte, j'sais pas comment qu'on dit...), les chefs de clinique, les internes, les externes, éventuellement les pédiatres, les sages-femmes de salle, une sage-femme de suites de couches et les p'tites élèves sages-femmes (j'étais avec une deuxième année de Saint-Antoine pendant cette dernière semaine). L'équipe de la salle (SF et internes) présentent les derniers accouchements (physiologiques par les SF et pathologiques par les internes), et justifient la prise en charge et les différentes décisions (pourquoi des forceps ? pourquoi une césarienne ?...). Staff important donc, pour le suivi en suites de couches.
    De retour dans le service, on commence à voir les patientes : d'abord les sortantes (pour qu'elles soient libérées le plus tôt possible), puis les nouvelles accouchées, puis un peu au pif... lol Selon le numéro des chambres, la disponibilités des dames, tout ça. L'entrevue avec les mères peut être assez longue, parfois la liste de questions est immense, et pour une petite étudiante comme moi c'est chouette, j'ouvre grand les oreilles et j'écoute les conseils aussi attentivement que les mamans. L'allaitement était un peu flou pour moi, ça va moyennement mieux maintenant parce qu'en fait, chaque SF a ses p'tits trucs, ses explications, ses conseils sur les rythmes de tétées, la montée de lait... C'est un peu dur de faire le tri quand on n'a aucune expérience de tout ça. J'ai quand même tiré quelques généralités :p Donc, pendant l'entrevue on fait un examen de la dame (ce que m'a laissé faire la deuxième sage-femme pour toutes les dames qu'on voyait ensemble, gentille deuxième sage-femme!), en vérifiant l'état des seins, la tonicité de l'utérus et sa hauteur, les saignements et l'état de la cicatrice s'il y en a (césarienne, épisio ou déchirure), on cause allaitement, contraception (plutôt progestatifs en pilule ou en implant ? plutôt préservatif ? plutôt stérilet ?), retour à la maison... Et on vérifie que tout va bien pour bébé : courbe du taux de bilirubine (pour savoir s'il y a un ictère (= une jaunisse)), courbe de poids, on jette un oeil aux prescriptions d'examens par le pédiatre...

    On y arrive : les prélèvements sanguins chez le nouveau-né :D Je vais peut-être paraître barbare, mais je n'avais qu'une hâte en suivant les sages-femmes, c'était de prélever les bébés ! Et ma deuxième sage-femme préférée m'a trop bien coachée. A Trousseau, les prises de sang se font sur la main, on ferme le poing du bébé et on l'attrape entre notre pouce et notre index pour que le dessus de la main du bébé soit bien tendu et bien exposé. C'est très différent par rapport à l'adulte : on ne pique pas parce qu'on sent la veine mais parce qu'on la voit (reste ensuite à l'atteindre, ce qui prend parfois un peu de temps, il faut manoeuvrer sous la peau, un peu plus superficiel, un peu plus à gauche, un peu plus à droite...), et ça ne fonctionne pas avec le système de tube sous vide mais juste avec une aiguille (qu'on adapte habituellement à une seringue), on fait venir le sang goutte à goutte. Pour un prélèvement qu'on envoie au labo (pour rechercher une infection par exemple, ou avoir un taux de bilirubine précis si l'enfant est trop jaune...), on remplit goutte après goutte un tube qu'on a ouvert (et qu'on referme parfois avec le bouchon du tube d'à côté... et le labo nous prévient que le prélèvement du bébé Trucmuche ne peut être techniqué... à refaire...). Quand c'est pour le Guthrie (ce test qu'on fait au troisième jour de vie pour dépister cinq maladies dont la mucoviscidose), on fait tomber cinq (ou sept) gouttes sur un papier buvard spécial. Pour finir sur les soins qu'on fait aux nouveau-nés, il y a les glycémies capillaires qu'on fait sur le talon, chez un bébé hypotrophe ou macrosome, j'ai également pu en faire quelques unes.

    Je suis super contente de ce stage, j'ai pu faire plein de soins différents et profiter à fond de ma semaine avec les sages-femmes. Pour mon prochain stage je suis en salles de naissances à Montreuil où il n'y a pas d'infirmière, je vais donc de nouveau suivre les SF et ça c'est chouette :D Ca sent la fin de l'année, bientôt la deuxième année où je vais pouvoir m'investir différemment en stage, j'ai hâte !

Publié dans : Stages PP1
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 30 mars 2008
   
    Hôpital Saint-Antoine, bâtiment Lemierre, 2ème étage.
    Service des Maladies Infectieuses et Tropicales.

    Déjà le cinquième stage de l'année ! Je suis arrivée assez confiante dans le service car toutes les filles qui y sont passées avant m'avaient dit que c'était chouette, et que le personnel était très sympa. Effectivement, je n'ai pas été déçue : je n'avais encore jamais vu une équipe aussi soudée ! C'est nettement plus agréable pour s'intégrer, apprendre et travailler. Il y avait une élève infirmière en même temps que moi, mais en stage pré-professionnel (donc diplômée le mois suivant), c'est elle qui m'a le plus prise en charge. Elle a été très pédagogue, m'a expliqué beaucoup de choses, m'a laissée faire quasiment tous ses soins, enfin super nana quoi :)

    Que voit-on en maladies infectieuses ? Beaucoup de patients VIH+, ça s'explique facilement par le fait qu'ils sont immunodéprimés (le SIDA diminuant leurs capacités à se défendre), donc ils contractent beaucoup de maladies opportunistes, qui ne seraient pas grave chez une personne immunocompétente mais qui peuvent avoir des conséquences dramatiques chez eux. C'est le cas de nombreuses parasitoses comme la toxoplasmose, on connaît les dangers qu'elle représente chez la femme enceinte puisque le toxoplasme passe chez le foetus et peut entraîner des malformations, mais c'est également un parasite dangereux chez les patients immunodéprimés, qui atteint l'oeil et le cerveau.  Les cas de tuberculose sont aussi réguliers, il y avait notamment à mon arrivée une jeune fille d'une vingtaine d'années qui l'avait contractée par un camarade de classe atteint, comme quoi ! Sinon, la plupart des personnes admises aux urgences pour AEG (altération de l'état général), fièvre inexpliquée, ...sont hospitalisées en maladies inf. le temps que les examens nécessaires soient pratiqués (prises de sang, hémocultures, coproculture et examen parasitologique des selles, ECBU (examen cytobactériologique des urines...)) et qu'on trouve la cause du problème.

    J'ai trouvé le service asez dur : sur 10 patients, la moitié était VIH+, et la moitié était des cas "psy" (Alzheimer avancé ou atteints de méningite...)... Encore une fois, j'ai trouvé le contact avec ces personnes très enrichissant, le fait de pouvoir les aider un peu à surmonter tout ça, les écouter, les aider dans leurs gestes, leur expliquer la situation.

    Je n'ai pas fait trop de nursing pendant ces trois semaines, seulement lorsque ça s'imposait (genre tu rentres dans la chambre pour faire un soin, et tu t'aperçois que le patient a enlevé son étui pénien et que le lit est totalement inondé...). J'ai découvert un outil formidable : le lève-malade. Ca ressemble à un hamac que l'on fait glisser derrière le patient, et on l'accroche à la machine de telle sorte que le patient puisse être soulevé dans son hamac par la machine, trèèès utile pour faire passer du lit au fauteuil (et l'inverse) des patients qui ne se déplacent plus, sans se démonter le dos.
    Au niveau des soins, j'ai pu faire beaucoup de prises de sang, j'attendais vraiment ce stage pour ça donc j'étais contente ! J'en ai fait toute seule, c'est bête mais j'avais toujours besoin qu'il y ait quelqu'un derrière moi pour me surveiller, et pour repiquer si jamais ça n'était pas bon, alors que dans la majorité des cas ça se passait toujours bien. J'ai préparé un nombre incroyable de poches à perfuser, vu tous les antibiotiques qui sont administrés. J'ai pu perfusé trois fois l'avant-dernier jour, mais ça n'a pas été une grande réussite. J'ai pu faire des pansements, deux sur une escarre, un autre sur une biopsie ganglionnaire, ensuite j'ai retiré les fils de cette biopsie, chouette ! Puis j'ai posé ma première sonde urinaire à demeure (j'avais déjà sondé en salle de naissance mais c'était des sondages qu'on appelle intermittent ou aller-retour, c'est juste pour vider la vessie sur le moment ; là il s'agissait de poser une sonde raccordée à une poche et de la laisser en place), c'était sur un vieux monsieur et ça n'était pas du tout réjouissant. En plus il n'y a pas eu de reflux immédiat d'urine, alors je n'étais pas très convaincue par ce que je venais de faire, mais bon il n'y a pas eu à la reposer.

    J'ai pu observé une ponction sternale, donc un prélèvement de moelle osseuse dans le sternum (là, au centre de la cage thoracique), c'est assez impressionnant ! Le médecin met beaucoup de force pour faire passer le cathlon dans l'os, niarf. J'ai également observé une biopsie ostéo-médullaire (faite au niveau de la crète iliaque, dans le bas du dos), en fait il s'agit de prélever une "carotte" d'os et de moelle osseuse, comme on prélève des carottes de glace en Arctique. C'est encore plus impressionnant (et c'était sur le même patient que la ponction sternale qui avait échoué, le pauvre) : il faut encore beaucoup de force pour faire pénétrer le cathlon dans l'os assez profondément pour avoir une bonne biopsie. L'étape d'après consiste à décoller l'échantillon du reste de l'os : le médecin prévient le patient que "ça va secouer", et effectivement il secoue le cathlon planté dans l'os pour pouvoir sortir la carotte, ça a l'air très douloureux (malgré l'anesthésie locale), et en plus pour ce cas ce fut un échec.

    Le dernier jour, je me suis tapée la honte de ma vie en arrivant avec deux heures de retard (forcément, je m'étais réveillée à 8h alors que je commençais à 7h...), alors qu'en plus j'avais promis à l'infirmière qui était là que je serais à l'heure (oui parce que, globalement, j'ai la facheuse tendance à arriver un peu en retard quotidiennement), donc vraiment, j'étais ridicule. Enfin les deux infirmières du jour m'ont mis une jolie appréciation malgré tout :)
Publié dans : Stages PP1
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 2 mars 2008
 
    Hôpital Saint-Antoine, bâtiment Caroli, 3ème étage.
    Service de chirurgie orthopédique.
    Unité septique.

    Vous dites ? Septique ? L'unité septique, c'est l'unité où sont hospitalisés les patients qui sont infectés, la plupart du temps en post-opératoire (sur une cicatrice, une prothèse...), ou bien parce qu'ils vivent dehors et qu'ils ont les extrêmités qui se nécrosent. Les patients qui sont en isolement respiratoire pour diverses raisons (tuberculose, staphylocoques dorés dans les crachats...) et qui se font hospitalisés en chirurgie orthopédique sont aussi accueillis dans l'unité. La micro-unité septique. Huit lits, une infirmière et une aide-soignante par équipe, ni plus ni moins. Et, accessoirement, l'après-midi pendant trois semaines, moi.

 


    Je dois avouer que le premier soir, je suis ressortie vraiment... sceptique (muhuhu). Question soins infirmiers, l'après-midi, et c'était ce que je craignais, ça n'est pas le top. C'est même carrément l'ennui. Un premier tour à 15h pour prendre les constantes et distribuer les médicaments. Un second à 18h, "le tour des Lovenox" (ces p'tites injections d'anticoagulants qu'on fait en sous-cutanée dans la cuisse ou le ventre), avec en plus quelques poches de perf' à préparer et à poser. Enfin, dernier tour à 20h, quelques poches, et rien de plus. Gloups. Du nursing, du nursing et encore du nursing. Des patients très peu autonomes et qui appellent pour qu'on les accompagne aux toilettes, qu'on leur mette le bassin, qu'on leur approche la table, qu'on leur serve de l'eau... hmmm :) Non vraiment j'ai eu peur. Mais je vous rassure tout de suite, dès le deuxième jour j'ai commencé à trouver mes marques et à apprécier le service. En fait, je trouve que chaque premier jour de stage est difficile : nouveaux lieux, nouvelle équipe qui ne met pas forcément à l'aise, l'impression de se sentir boulet, puis les patients qu'on ne connaît pas du tout, je vois toujours des murs insurmontables entre eux et moi au début. Puis j'prends ma pelleteuse et hop, a pu les murs.

    Des nursings ? Eh bien, soit. J'ai autant suivi l'aide-soignante que l'infirmière. J'ai appris à mobiliser des patients alités, à changer un lit avec un patient dessus (épatant, n'est-ce pas ?), à remonter un patient qui est trop bas dans son lit, à faire des toilettes, à faire un lit au carré... C'est certainement bête tout ça, mais j'ai vraiment pu prendre le temps pour apprendre ces gestes. J'ai aussi, et là c'était génial, pu prendre mon temps pour soigner le contact avec mes patients, j'ai pu axer mon stage sur la relation patient-soignant, à ma grande surprise. Au septique, les gens sont souvent hospitalisés pendant longtemps, le temps que l'infection se guérisse, qu'on fasse éventuellement une nouvelle intervention (greffe de peau sur une greffe de lambeau par exemple (greffe de muscle)), le temps aussi de trouver une place en centre de rééducation par exemple... Quatres patientes ont été hospitalisées pendant toute la durée de mon stage. Trois semaines à les voir chaque jour. Chacune avec des histoires différentes, et lourdes. Tentative de suicide pour l'une. Une année d'hospitalisation et encore une infection pour l'autre. Enième luxation de la hanche, mari hospitalisé. Sans domicile fixe. Alzheimer. Alors si je peux leur apporter un peu de douceur, de gaité, un p'tit sourire, un p'tit bonjour, c'est génial.

 

    La dernière semaine, j'ai un peu triché, j'ai été du matin. J'avais envie de voir d'autres soins, comme les prises de sang, et surtout... les pansements (après 33 injections sous-cutanées dans les deux premières semaines, j'ai estimé que les Lovenox, ça allait, je maitrisais !). Ben dis-donc, les pansements en ortho, c'est quelque chose. Moi qui étais habituée à des pansements simples, sur une jolie cicatrice de césarienne par exemple, j'ai découvert tout autre chose. Les plaies sont plus souvent des plaies "en surface", où la chair est à vif, c'est très impressionnant. Il faut passer son éponge stérile dessus, ses compresses... On souffre pour le patient. J'ai vu différentes plaies, plus ou moins importantes : une nécrose de pouce (déjà opérée donc c'était très propre mais aïe quand même), une ablation trans-métatarsienne des deux pieds (donc il restait le talon et environ la moitié du pied), greffe de lambeau (de muscle) au niveau du talon (imaginez-vous une boule de muscle à vif à la place du talon), greffe de lambeau + peau au niveau de la cheville, abcès de jambe (opéré lui aussi donc très propre, juste un gros trou dans la jambe quoi, aïe bis)... C'était très intéressant de voir tout ça, et de s'entraîner à faire d'autres pansements, même si on est d'accord que ça ne me servira certainement jamais dans ma vie professionnelle future.

 

    Je ressors de ce stage vraiment ravie ! Il a été très complet : pas mal de soins finalement, avec ma semaine du matin, et beaucoup de temps auprès des patients. Lors de mon dernier jour, sur les quatre patientes que j'ai suivies pendant tout mon stage, deux (mesdames C. et H.) sont rentrées chez elle, et une autre, une italienne SDF de 80 ans qui nous en a fait voir de toutes les couleurs avec sa folie mais qui était si touchante quand on prenait le temps de creuser un peu dans son vécu, a changé de chambre et a hérité du fauteuil roulant de sa voisine d'en face, madame H., elle était ravie. J'ai pris le temps de passer dans chacune des chambres pour dire au revoir, j'y tenais vraiment !

 

    On est le 2 mars, et il y a deux jours, trois semaines après la fin de ce stage, j'ai reçu par la poste un napperon que Mme C. m'a fait. Elle avait passé ses journées à l'hôpital à faire des napperons au crochet, et m'avait demandé mon adresse pour m'en envoyer un. Elle a tenu ses paroles et ça m'a trop trop touchée. :)

Publié dans : Stages PP1
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 14 décembre 2007

   
    Hôpital Robert Debré, point Rouge, 1er étage.

   J'ai vécu pendant trois semaines au rythme des gardes de 12 heures, un jour, une nuit, deux jours de repos, et c'est reparti. Deux semaines à 48 heures de travail, mine de rien, ça fatigue ! Je n'ai eu qu'une garde cette semaine, la 9ème et dernière de la liste, j'ai quelques jours pour me reposer et travailler mes partiels qui arrivent à grands pas.


    Je redoutais un peu la salle de naissance. J'ai tout fait pour ne pas l'avoir en premier stage : les soins sont assez variés, parfois faits dans l'urgence, les femmes sont dans un moment si particulier de leur vie, il y a le stress, la douleur, la fatigue, la joie, aussi... Je ne me voyais pas assumer de débuter dans ce terrain de stage. C'était du coup mon troisième, et j'en suis assez contente. Il s'agit d'une maternité de niveau 3, c'est-à-dire qu'elle possède une unité de néonatologie et une unité de réanimation néonatale : il y a donc, en plus des grossesses normales, un suivi des grossesses à haut risque (grossesses pathologiques, risque de prématurité, grossesses multiples). Et of course, en salle de naissance, ce sont ces dames que l'on retrouve, au moment-clé de leur vie et de celle de leur enfant.

    Niveau soins, j'ai posé mes premières perf, et... aïe. Ca a l'air si simple quand ce sont les infimières qui le font, c'en est rageant, parce que quand c'est toi, pauvre petite débutante, ça foire quatre fois sur cinq. Pourquoi ? Mystère. Il s'agit de piquer la patiente avec un cathlon, et de faire progresser le petit cathéter en poussant le système d'un doigt. Il glisse gentiment dans la veine, une fois qu'il est en place on sort l'aiguille, et on désolidarise la partie aiguille/corps du système de la partie cathéter. On se retrouve ainsi avec un cathé dans une veine, on peut en profiter pour faire un prélèvement sanguin, ou connecter de suite une poche à perfuser, et le tour est joué (et bouh, j'explique trop mal). Bref, c'est dur quoi, parce que pour peu que tu sois pas totalement dans l'axe quand tu piques, ou que la dame n'ait pas une veine bien droite, ben ça ne rentre pas, et tu n'as plus qu'à laisser ta place à l'infirmière (et à t'excuser auprès de la patiente de lui avoir fait mal pour rien). J'ai remarqué un phénomène amusant : à mon premier stage j'avais du mal avec les prises de sang, je n'étais pas dans la veine, je maintenais mal mon corps de pompe et l'aiguille finissait par sortir pendant mes manip'... et bien depuis que j'ai trouvé plus dur comme soin, je réussis toutes mes prises de sang. N'est-ce pas fabuleux ?
    Autre point qui me faisait peur : le sondage urinaire. La sonde paraît super large, et le méat urinaire, il est tout petit, et quand les dames ont accouché, c'est parfois tout gonflé, alors on a peur de se perdre. En fait, pour se tromper, faut vraiment le vouloir. Et très vite j'ai été à l'aise pour sonder. Puis quand les femmes ont eu une anesthésie péridurale, elles ne sentent pas ce qu'on fait, donc c'est moins gênant pour elles. On fait un sondage juste avant l'accouchement, puis on resonde deux heures après quand on prépare la femme à monter dans une chambre, après une toilette périnéale.
   J'ai assisté des anesthésistes dans la pose de péridurale : mon rôle était de préparer la table avec le matériel stérile et de mettre les produits dans les récipients, donner l'essuie-main stérile puis les gants stériles à l'anesthésiste, installer la dame et l'aider à trouver la position idéale, servir la bétadine et le spray pour fixer le cathé au cours de l'acte. C'est intéressant, on se sent utile, autant du côté de l'anesthésiste (bon, sauf quand on se trompe de bétadine, ou quand on l'oblige à retirer ses gants stériles parce qu'on n'arrive pas à ouvrir le flacon, ce genre de conneries, mais en temps normal, si si, c'est le cas), que du côté de la patiente (la rassurer, l'aider à gérer ses contractions, lui prêter ses mains à serrer pour qu'elle passe sa douleur comme ça plutôt qu'en bougeant, ce qui est formellement proscrit pendant la pose de la péridurale !). Une péri, comment ça se passe ? La femme est assise au bord du lit, son dos est découvert et l'anesthésiste trafique des trucs derrière elle. D'abord, il fait une petite anesthésie locale, ça pique, ça brûle, mais ça n'est pas grand chose à côté de ce qui suit, hinhin. Ensuite, il s'arme de son gros cathlon, il pique entre deux vertèbres et injecte du sérum physiologique pour aider la progression. Une fois que le cathlon a atteint l'espace péridural, il fait passer à l'intérieur un cathéter tout fin, puis il retire l'aiguille en laissant le cathé dans le dos, et voilà madame, détendez-vous, c'est terminé. Ensuite il s'occupe de ses produits mais là ça me dépasse un peu. (La galerie Anesthesia illustre tout ça, si ça vous intéresse, par contre la 4ème photo, comprends pas trop ce que c'est o_O).

    J'ai vu environ une dizaine d'accouchements, j'ai suivi au bloc pour deux césariennes et une grossesse extra-utérine rompue (une GEU qu'on appelle ça, l'oeuf se loge ailleurs que dans l'utérus, dans la trompe le plus souvent, et commence à se développer tranquillement... seulement, si l'on ne s'en aperçoit pas assez rapidement, la trompe qui n'est pas du tout faite pour ça finit par éclater, et en plus des douleurs insupportables, il y a une hémorragie interne qui nécessite une opération en urgence, pour aspirer le sang, stopper l'hémorragie et retirer la trompe (salpingectomie)). C'était très intéressant, et j'ai tenu sur mes deux jambes sans problème. Je ne fais pas encore grand chose au bloc, à part aider à nettoyer après, mais je retourne justement à Debré cet été pour un stage exclusivement consacré au bloc, donc j'aurai tout le loisir d'apprendre à être utile dans ces moments-là. Sinon, question accouchement, pareil, c'est dur de trouver sa place. Dès qu'une sage-femme annonce qu'elle s'installe dans une salle, les infirmières font leur boulot rapidement, machinalement, et ne prennent plus forcément le temps de nous expliquer quoi faire, et de nous laisser agir. Je comprends, parce qu'il n'y a souvent pas de temps à perdre dans ces moments, mais du coup on se retrouve bête, à n'être là que pour observer. Ma foi, ça reste fort intéressant, et l'année prochaine je sais que j'aurai à agir, aux côtés des sages-femmes.
    J'ai vu des petites jumelles venir au monde, la première est sortie toute seule, il a fallu faire une petite manipulation pour la seconde qui est sortie en siège, par les pieds, c'est assez impressionnant ! J'ai vu une micro-puce naître après même pas six mois de grossesse (25 semaines et demi), sachant qu'un bébé de ce terme ne peut absolument pas respirer seul, la décision de le réanimer ou non dépend de son état à la naissance... Je suis restée avec la mère pendant que l'on s'occupait de sa fille, sans savoir quel serait le verdict. Ils l'ont finalement intubée pour qu'elle respire, c'est une petite crevette de 770 grammes qui est née cette nuit-là, et lorsqu'ils l'ont amenée en couveuse pour que sa mère la voit, elle avait les yeux grand ouverts. Après cinq mois et demi de grossesse, elle avait les yeux ouverts. Elle ne devait pas voir grand chose, mais c'était trop émouvant, elle était vivante quoi, toute minuscule, mais bien éveillée. Je ne connais pas la suite de l'histoire, mais j'espère sincèrement qu'elle est sur le bon chemin, qu'elle tiendra le coup et qu'elle n'aura pas de séquelle de sa prématurité. Et que ses parents ont réussi à se mettre d'accord sur un prénom.
    J'ai vu des accouchements parfaits, des couples heureux et amoureux, des bébés qui se calment après leur premier cri sur le ventre de maman. L'un d'eux est né dans son oeuf, la poche des eaux n'a été rompue qu'après le dégagement des épaules, il paraît que ça porte bonheur. Un autre a une maman curieuse, qui a voulu toucher sa tête au moment où elle apparaissait, sans savoir encore que ses cheveux étaient tout dorés.
    J'ai vu aussi des femmes venir pour des interruptions médicales de grossesse, après qu'on ait détecté une malformation du foetus. J'ai vu une femme venir pour une fausse couche tardive à 20 semaines de grossesse, un couple effondré. Je me suis occupée d'une femme qui venait d'accoucher de jumelles, l'une en pleine forme, l'autre dont la grossesse avait été arrêtée un mois auparavant pour une trisomie 21... une grossesse qui a du être si dure à vivre, un couple si fort.

    J'ai vécu des moments magnifiques, et d'autres très durs, mais c'est grâce à ceux-là que j'ai pris conscience d'un autre rôle que la sage-femme peut être amenée à avoir, celui d'accompagner moralement, psychologiquement, socialement, des femmes, des couples qui traversent des moments douloureux. Tout ce que ça implique, ça doit être si enrichissant, si intéressant. Ca m'a vraiment ouvert les yeux, et ça me touche beaucoup. J'ai hâte de progresser dans mes études et de pouvoir m'impliquer d'avantage dans ce genre de situation.

    Enfin, j'aurais aimé vous parler de mon premier accouchement à quatre mains... Lors de ma quatrième garde, une sage-femme vient me voir et me propose de faire l'accouchement de Mme Truc avec elle, sur le coup je suis restée bête ! Elle est venue me chercher juste avant de s'installer, dans ma tête j'espérais très fort qu'elle ne pense pas que je sois en deuxième année, et qu'elle n'attende pas de connaissances en obstétrique de ma part. Il n'y a pas eu de malentendu. J'ai enfilé mes gants, la dame a poussé, et lorsque la tête s'est pointée, la sage-femme m'a fait lui appuyer dessus pour la faire sortir en douceur. C'est bête mais, avoir ce contact, sentir la chaleur sous mes doigts, ça m'a fait quelque chose, jusqu'à présent il y avait toujours du matériel entre moi et la patiente. La tête est sortie, et... malheureusement il y a eu une petite difficulté aux épaules, la sage-femme s'en est donc occupée seule. Le bébé est né, puis elle a voulu qu'on fasse la délivrance du placenta ensemble, elle me faisait tirer légèrement sur la pince Kocher pour voir s'il venait, et... malheureusement il n'est jamais venu, elle a du faire une délivrance artificielle en allant le chercher à la main. Pas vraiment d'accouchement à quatre mains finalement, dommage qu'il y ait eu toutes ces petites complications. La prochaine fois sera la bonne, en mai, j'espère.

Publié dans : Stages PP1
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 24 novembre 2007

  
    Et de deux !

    Je viens de finir mon deuxième stage, qui s'est déroulé en Suites de Couches à la maternité des Lilas. Les Suites de Couches, c'est le service où les mères passent les quelques jours qui suivent l'accouchement.

    En première année, on a pour objectif de stage l'acquisition des soins infirmiers et de puériculture. Seulement, aux Lilas c'est privé, et comme il n'y a aucune infirmière (à part deux au bloc, mais ça ne me concernait pas), c'est un peu la foire aux soins infirmiers ! Les injections et ce qui concerne les perfusions, c'est la sage-femme qui s'en occupe. L'aide-soignante s'occupe des toilettes... et des ablations de sonde urinaire, et des ablations de fils !! Ce qui n'est absolument pas dans ses compétences. Et pour en rajouter une couche, comme il n'y a pas non plus d'infirmière puéricultrice, ce sont les auxiliaires de puériculture qui font les glycémies capillaires et les tests sanguins de Guthrie (qui se font au niveau du talon, on pique pour faire sortir une goutte de sang pour les glycémies, et cinq ou sept pour les Guthrie). Les auxiliaires ne sont pas du tout censées faire ces actes, mais bon, passons :p Donc moi, petite étudiante de 1ère année, je ne savais pas trop qui suivre, sachant que l'aide-soignante, seule pour deux étages, avait déjà deux élèves à charge.
    J'ai passé la première semaine avec les sages-femmes, j'ai fait les soins infirmiers qu'elles font habituellement, à savoir les injections de Lovenox et les retraits de cathéter. J'ai préparé quelques perfusions aussi, rien de bien folichon. Puis j'ai fait les examens post-partum des femmes, et ça c'était chouette, même si c'était totalement hors de mes objectifs. Qu'est-ce qu'on regarde pendant un examen post-partum ?

  • les constantes (la température, le pouls, la tension artérielle)
  • l'état des seins (si la montée de lait a eu lieu, s'ils sont tendus, s'il y a des crevasses, des difficultés d'allaitement...)
  • l'état du globe utérin (l'utérus est palpable pendant les 10 jours qui suivent l'accouchement, on surveille sa hauteur et sa tonicité)
  • les lochies (ce sont les écoulements vulvaires qui suivent l'accouchement, d'abord sanglants puis séreux)
  • l'état du périnée (s'il y a une induration, un hématome, l'état des sutures s'il y en a...)
  • l'état des membres inférieurs (pour dépister une éventuelle phlébite)
  • si la femme a uriné, a eu des gaz ou des selles depuis l'accouchement.
   

    Les sages-femmes font aussi les prises de sang des bébés, mais je ne me suis pas aventurée à le faire, vu le faible taux de réussite que j'ai chez les adultes, ça ne me disait rien de torturer des nouveau-nés. Je me suis contentée de prendre deux ou trois bébés dans mes bras lorsque la SF me le demandait, et j'ai fait téter mon petit doigt. Saviez-vous que le simple fait de donner un peu de sucre à un bébé ou bien son doigt à sucer peut inhiber chez lui la douleur ? Il libère des endorphines qui le calment, c'est assez incroyable à voir. (Puis j'ai été épatée par la force de succion que ça a, ces p'tites choses, j'ai cru que j'allais définitivement perdre mon doigt dans l'histoire.)

    Les deux semaines qui ont suivi, je les ai passées avec les auxiliaires de puériculture, à la nurserie. J'ai kiffé :p Disons, j'ai kiffé après quelques jours, le temps de me faire la main et de me sentir à l'aise. Le tout début a été un peu difficile. J'ai regardé quelques bains, et on m'a laissée me débrouiller toute seule. Je pouvais bien sûr poser les questions que je voulais aux auxiliaires, mais je n'avais personne derrière moi pour me corriger, me rappeler des choses ou quoi. Résultat, premier bain donné, j'oublie la pesée et la prise de température... L'auxiliaire qui s'occupait du bébé me l'a rappelé une fois qu'il était rhabillé : "il pesait combien ?" "arf... mince... j'ai oublié cette étape :s" J'vous raconte pas comment elle m'a regardée, on aurait dit que le monde s'effondrait autour d'elle, et que j'étais la pire des idiotes. Seulement, elle n'avait qu'à m'encadrer, elle savait que je débutais. Ca m'a un peu dégoûtée. J'ai vite réparé mon erreur, c'était bête je suis d'accord, mais ça n'était pas un drame. Enfin. Les deux ou trois premiers bains m'ont laissé une drôle d'impression aussi, moyennement agréable. Je me suis en effet retrouvée à expliquer aux jeunes mamans comment on faisait, dans quel ordre, comment on tenait le bébé..., alors que je n'avais jamais touché un nouveau-né auparavant. Mes gestes n'étaient absolument pas assurés, et je me suis finalement demandée pourquoi je me permettais de faire ça à leur place alors que j'aurais pu leur expliquer la théorie et les laisser partager ce moment avec leur bébé. J'ai fini par me sentir à l'aise avec les nouveau-nés, et du coup avec les mères. Je suis devenue la reine des bains et des soins du cordon :p Aaaah, les soins du cordon, LA terreur des mamans. C'est moche et on a peur de faire mal au bébé, et l'auxiliaire sadique dit qu'il ne faut pas hésiter, que c'est important, qu'il faut écarter, passer la compresse en appuyant assez pour faire partir les saletés, qu'il ne suffit pas de passer sur la peau mais bien entre la peau et la base du cordon, bouh. Enfin, c'est assez gratifiant d'être là pour rassurer les mères, de pouvoir répondre à leurs questions, de les encourager dans leurs gestes.
    Je ne sais pas si c'était pour marquer mon départ ou quoi, mais les trois derniers jours les p'tits mecs se sont lâchés, on m'a pissé dessus six ou sept fois au moins, alors que j'avais passé une semaine et demi au sec... Ils ont toujours envie pendant les 15 minutes qu'ils passent sans couche, évidemment !


    Prochain rendez-vous, lundi matin, en salle de naissance... Pour 12 heures de garde !

Publié dans : Stages PP1
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 29 octobre 2007

 

    Ca y est, déjà un stage derrière moi, mes premiers pas dans le milieu hospitalier sont enfin effectués et validés. Ca s'est passé à l'hôpital Saint-Antoine (à la maison, quoi !), en chirurgie gynéco. Super avantage à Saint-Antoine : il y a dans ce même service des patientes admises en Grossesses Pathologiques, et aussi de jeunes mères dont le bébé est en néonatologie voire dans un autre hôpital, elles évitent les Suites de Couches où elles auraient été entourées de bébés.  Au final, même si ça sortait de mes objectifs de stage, j'ai vu plein de pathologies différentes et j'ai effleuré un peu la grossesse et le post-partum (après l'accouchement), je suis super contente.

 

    La journée commence à 6h45 pour les infirmières, un tout petit peu plus tard pour moi. L'équipe de nuit fait ses transmissions à l'équipe de jour, et c'est parti. On commence par un premier tour pendant lequel on réveille les patientes (20 lits dans le service, 10 par infirmière) et on prend les constantes (tension, pouls, température). Les premiers soins sont souvent des prises de sang, on s'occupe aussi des perfusions : poches à changer, nouvelles poches à préparer... Viennent ensuite les pansements, plus ou moins simples selon l'intervention subie (mention spéciale à la coelioscopie qui consiste seulement en trois petites incisions !), puis les injections sous-cutanées d'anticoagulants, les retraits de perf, les retraits de sonde urinaire, de drain,... Oui, on retire beaucoup, tant mieux car c'est souvent plus simple que de mettre en place !

    Je suis loin d'avoir tout fait, je maîtrise les pansements et les sous-cutanées, par contre les prises de sang c'est assez drôle, je suis une fois sur deux à côté de la veine... On se sent toujours bête quand on pique une patiente, puis que le tube reste désespérément vide... "Bon ben, j'suis pas dedans (oooouuups)". Puis ces patientes que j'ai ratées, ce sont des patientes que je m'interdisais de repiquer (la barbarie, ça va deux minutes). Les poses de perf, n'en parlons pas, je ne m'y suis pas aventurée, sur six exemples, cinq étaient foireux : veines introuvables, trois ou quatre essais pour réussir, parfois en appelant la collègue... Le pire c'était pour la toute première, la pauvre dame a sa veine qui a éclaté après qu'on lui ait posé le cathéter, mais l'infimière a quand même commencé à faire passer le produit, qui s'est répandu sous la peau : la patiente s'est presque mise à hurler, ça lui a fait extrêmement mal ! Toi tu regardes ça, t'as la bouche qui grimace toute seule, c'est assez gênant. J'ai piqué une fesse à la fin du stage, en intramusculaire, intéressant.

 

    Il y avait une élève sage-femme de troisième année avec moi, j'ai pu la suivre quand il n'y avait rien à faire en soins infirmiers, c'était chouette ! Elle m'a fait palper une tête de bébé en bas (hihi), des hauteurs utérines, un sein engorgé (rien que ça)... Ca donne envie d'avancer dans ses études !! Sinon j'ai vu deux échographies, une quasiment à terme (et si tu ne t'y connais pas, ça n'est pas la peine, tu ne comprends rien, à part peut-être quand on voit le crâne, et encore), l'autre pour une fausse couche à 9 semaines, en cours d'expulsion. Tout de suite c'est plus petit, et plus clair. L'interne qui faisait l'écho nous a montré, à ma collègue élève infirmière et moi, l'oeuf et le stérilet de la dame (comme quoi, ces choses-là ça ne marche pas systématiquement). Au final, elle a tout sorti à la pince, et j'peux vous assurer qu'à 9 semaines, on voit déjà très bien ce qu'est cette petite chose de 2,5 cm, un peu grise et enrobée d'une gelée bizarre. C'était malgré tout très intéressant comme consultation.

 

    Sinon, une étudiante en 1ère année (et au premier stage, qui plus est), c'est sympa, c'est docile, ça veut valider son stage, ça fait plein de choses pour peu qu'on le demande gentiment."Haaaaan, j'suis déééésolée, mais tu peux me descendre cette dame à l'écho? S'ilteplait-s'ilteplait-s'ilteplait..." ou autre "Dis, tu veux bien monter au 4ème me chercher ça et ça et ça et ça et ça à la pharmacie ? Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiii" . Avec plaisir... On se sent parfois larbin de service, d'autres fois boulet de service, d'autres fois encore on tombe sur l'infirmière de nos rêves, qui prend plaisir à nous montrer, nous expliquer, nous apprendre plein de choses, et ça c'est cool. Globalement ça s'est très bien passé avec tout le monde, personnel comme patientes. Tout sera à refaire au prochain stage, mais je suis confiante, en plus je suis en Suites de Couches, je vais voir des bébés, héhé (et je vais être évaluée sur un soin aussi, hihi, hum).

 

    Non puis, j'voudrais pas dire mais, pendant mon stage, j'ai pu échanger un bonjour avec Romain Duris, et ça, ça n'a pas de pri(hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii)x.

Publié dans : Stages PP1
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 26 septembre 2007

 


    Tout se passe bien ! L'ambiance dans la classe est sympa, on commence peu à peu à connaître nos noms, et lundi on a rencontré les autres promos. Elles nous ont présenté le BDE, et nous ont parlé du gala des écoles de sages-femmes de Paris qui aura lieu bientôt :p ainsi que du week-end d'intégration qui se déroulera un peu plus tard. Je pense que je ne serais pas aller à celui de médecine si j'étais passée en P2, mais là je m'y rendrai avec plaisir, c'est l'occasion de faire plus ample connaissance avec les filles de la promo et les 2ème année, et de s'amuser.

 

    Cours :

On a encore eu une vague de cours théoriques pour préparer les TP et les stages (ça arrive si vite !) : cette semaine il s'agissait du pansement (qui ne consiste pas seulement à poser un pansement ;) c'est en fait tout le soin sur une plaie, lavage et désinfection, protection ensuite si nécessaire), des prélèvements sanguins et de la pose de perfusion. On a continué l'examen clinique du nouveau-né en pédiatrie (qu'est-ce qu'on écrit dans cette matière !), et dans deux cours différents on a vu les soins à apporter (en tant que 1ère année) aux femmes en salle de naissances, puis aux nouveaux-nés en salle de naissances. C'est là qu'on se rend compte qu'on a déjà beaucoup de choses à faire en stage, même si l'on vient à peine de commencer notre formation ! C'est chouette.

    TP :

Pansements > Celui-là m'intéresse particulièrement parce que dans mon 1er stage (chirurgie gynéco) je vais sûrement être amenée à en faire, donc il faut que je maitrise bien le protocole. On ne s'est pas tous entraînés parce qu'il n'y a qu'un seul affreux mannequin, mais ça n'a pas l'air très sorcier. J'ai hâte d'en faire en vrai. On a appris à faire des tampons avec une compresse et deux pinces, ça peut toujours servir pour épater la famille.

Perfusion > La pose du cathéter est décrite comme l'acte infirmier le plus difficile à notre niveau, youpi ! Effectivement, c'est un peu impressionnant, il ne faut pas hésiter à y aller et pourtant on est persuadé qu'on va faire mal. Je plains les premiers cobayes des pauvres élèves SF ou infirmières, ça ne doit pas être rassurant du tout. On a pu tous s'entraîner sur un beau bras en plastique, avec tout le matériel nécessaire (poche à perfuser, tubulure, cathéter, garrot, gants, pansement...).

Prélèvements > Ouin, nos supports de TP n'avaient plus de faux sang dans leurs veines, ça ne coulait même pas. Deux points délicats (au moins) ici : ne pas passer au travers de la veine et ressortir de l'autre côté (une fille de la promo nous a montré son coude après une prise de sang foireuse à la médecine du travail, elle a un bleu énormissime !), et ne pas trembler pendant qu'on change les tubes (je ne veux même pas imaginer la sensation d'une aiguille qui bouge dans une veine pendant une manip', argggh).


Bilan de la semaine : on sent les stages qui s'approchent à grands pas, je suis déjà en train de prévoir mes révisions pour cibler en priorité ce qui va m'intéresser pendant mon premier stage. Puis on a eu nos dates de gardes pour les salles de naissances (ayé, on est grands, on va travailler de nuit !). Enfin je suis toujours bien avec mon p'tit groupe de camarades, et le reste va parfaitement :)

Publié dans : Cours
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Jeudi 20 septembre 2007

    Voilà la liste des stages que je vais faire cette année (trois semaines chacun, et deux semaines/une semaine pour les deux derniers) :

stage 1 : Chirurgie gynécologique

stage 2 : Suites de couches

stage 3 : Salle de naissance

stage 4 : Chirurgie orthopédique

stage 5 : Médecine infectieuse

stage 6 : Suites de couches

stage 7 : Salle de naissance

stage 8 : Bloc opératoire / Urgences

stage 9 : Consultations prénatales / Crèche


    J'ai les vacances que je voulais et je ne suis pas envoyée loin de chez moi, donc je suis plutôt contente :) J'espérais un autre service de médecine (gastro, pour tout vous dire) mais je me fais à celui-là, j'espère qu'il sera intéressant ! Je pensais que pour le stage Crèche/PMI on pouvait choisir, mais en fait j'ai été affectée d'office en crèche. Soit !

    J'ai ramené mes tenues à la maison, bientôt de magnifiques photos :p

Publié dans : Stages PP1
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 17 septembre 2007

   

 

    Ca y est, je suis rentrée :) J'ai commencé lundi 10/09 à 9h du matin, on a eu droit à un grand blabla sur l'école, la formation, le programme, les stages, la profession... L'après-midi, activité "connaissance du groupe", un peu spécial quand on sort de deux ans de P1 où nos camarades étaient au nombre de 1000, et où nos "classes" comptaient 400 sièges. Là il a fallu prendre la parole devant notre petite promo, se présenter, regarder les gens dans les yeux, sourire. On se prête vite au jeu, et ça fait du bien !

    Petit aperçu de la promo 2007-2011 de Saint-Antoine : 42 élèves, dont 30 de La Pitié, 10 de Créteil (dont moi) et 2 filles qui viennent de Nouméa. Le taux de mâles est d'environ 4,75% (soit 2 élèves). J'ai eu la joie de retrouver une amie du collège/lycée avec qui je m'entends bien, on s'était perdues de vue et nous voilà embarquées dans la même aventure pendant les quatre prochaines années. L'ambiance est assez bonne (pour l'instant, hinhin).

    Les cours ont lieu tous les jours de 9h à 17h, avec plus ou moins de temps pour manger (dehors, ou chez les autres, ou encore chez son chéri qu'habite à 10 minutes à pied de l'hôpital :). Ca fait environ 35h de cours par semaine, et encore une fois, la différence avec la P1 est forte : fini les 20h hebdo, et présence obligatoire.


    Cours :

Essentiellement des cours théoriques qui seront à mettre en pratique en TP et surtout en stage : pouls/tension, injections, toilette périnéale et sondage vésical. Notre premier cours de pédiatrie concernait l'adaptation à la vie extra-utérine (modification des fonctions cardiaques et respiratoires), l'accueil en salle de naissance et l'examen du nouveau-né. On a eu quelques heures sur le lavage des mains et l'hygiène hospitalière (depuis, je prends soin de me laver les mains comme il faut à la maison, et j'ai arrêté de manger mes doigts sinon la friction hydro-alcoolique me ferait bondir au plafond à chaque fois, que de résolutions !), et enfin de l'histoire de la psycho en fin de semaine.

    TP :

Pouls/tension > Une fois qu'on sait où trouver le pouls radial, il n'y a a priori pas de problème, pour la tension c'est autre chose. J'ai galéré à entendre le pouls dans le sthéto, tout le monde parlait et rigolait dans la salle, donc ça n'a pas aidé. Je vais pouvoir récupérer les instruments pour m'entraîner chez moi (ils vont être contents, tiens). On est tous passés à la Dynamap (l'appareil qui prend le pouls et la tension automatiquement), et j'ai eu les pires scores de tout mon groupe : 14/10 de tension (j'ai fait clignoté l'appareil) et 123 pulsations/minute :) Bon, certes, je n'étais pas au repos complet, mais de là à avoir des chiffres aussi énormes, ça en a inquiété la SF qui m'a demandé si je fumais du tabac, du cannabis, si je buvais de l'alcool (et pourtant, y a vraiment pas plus sobre que moi). Je suis anormale !


Injection > Plusieurs craintes se sont envolées pendant ce TP, comme celui de casser une ampoule (j'avais peur que ça explose, eh oui), de ne pas réussir à pomper en tenant bien la seringue, de ne pas avoir un geste sûr... En même temps, sur un bout de truc en plastique, c'est tout de suite plus simple que sur un vrai patient à qui il faut avouer "attention, je pique !", mais tout de même, après plusieurs essais on se sent plus à l'aise. Il ne faudra pas hésiter à enfoncer 5cm d'aiguille dans la fesse du monsieur en tenant la seringue comme si on lançait une fléchette, quoi.


Toilette/sondage > Je n'ai pas participé à celui-là, juste regarder (fallait oser s'approcher de cet effrayant mannequin). Le sondage urinaire, ça me gêne beaucoup, j'ai vraiment l'impression que c'est douloureux (ça n'est pas censé l'être), ça me crispe quand j'y pense. Malheureusement il faudra que je m'y colle assez vite. La toilette semble bien plus gérable, on sait qu'on soulage la femme. On a travaillé un peu la préparation des chariots dans ce TP, je sens que je vais me faire des fiches pour tout retenir, en attendant que ce soit un automatisme.



    Bilan de cette semaine : je suis ravie d'être rentrée, tout s'est bien passé, et je me sens vraiment à ma place. Dans deux semaines je suis en stage, sur le terrain, je vais pratiquer, apprendre, ça va être super enrichissant.

Publié dans : Cours
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 3 août 2007

Mercredi 1er Août

J'ai passé la journée en salle de naissance (arrivée à 9h et partie à 19h), à suivre une élève SF qui passe en troisième année à la rentrée. J'ai pu découvrir une partie du travail de la sage-femme, et l'environnement dans lequel on travaille (on n'a pas forcément souvent l'occasion de rentrer dans une maternité !). J'avais la tenue de choc, blouse + charlotte + surchaussures, ça n'a rien de très glamour mais sans se voir on oublie vite.

La femme enceinte est installée en salle de naissance lorsque le travail commence, et y reste jusqu'à H+2 après l'accouchement, si tout se passe bien (et si j'ai bien compris). Quand je suis arrivée, il y avait un bébé en couveuse, surveillé car il avait les extrêmités des membres un peu bleues, probablement parce qu'il avait froid. On a fait le tour des chambres pour surveiller les constantes (monito et tension), c'était assez calme.
Un peu avant 11h, j'ai fait... un malaise... devant... l'habillage du bébé. Ridicule, pathétique, nulle de chez nulle ! Je vous rassure, ça n'était pas l'émotion, juste mes quelques heures de sommeil seulement et mon estomac vide. Je me suis sentie partir mais je n'ai pas osé prévenir (riez, riez). Ne voyant plus rien, je me suis appuyée contre un chariot dans le couloir, et je ne sais pas pourquoi, j'ai marché, résultat je me suis pris le mur à plat sur le front, bam ! Ca m'a au moins fait retrouver la vue pendant deux secondes, le temps de me repérer et d'articuler "je me sens mal". L'élève m'a allongée au milieu du couloir, et immédiatement après j'avais au moins quatre personnes autour de moi, SF et infirmières. J'ai retrouvé la vue mais j'avais une ruche dans les oreilles. On m'a installée sur un brancard au fond du couloir, et on m'a abandonnée. Ridicule. J'ai du traumatiser le papa qui était tout gaga devant son fiston. Après un pain au chocolat, de l'eau et une demi-heure au calme, je suis retournée en salle.

Voilà les actes auxquels j'ai assisté en fin de matinée et l'après-midi :
- prise de sang
- pose de sonde urinaire (pour vider la vessie en prévision de l'accouchement)
- pose de péridurale par l'anesthésiste (assez impressionnant, l'aiguille est énorme et ça saigne plus que ce que j'imaginais)
- début d'accouchement (dans le couloir à travers la fenêtre de la porte par un endroit où le scotch "flouttant" était un peu décollé, et avant que les sages-femmes ne se mettent dans mon champ de vision, rien de bien palpitant quoi, mais quand même, ça m'a émue)
- touchers vaginaux divers et variés
- mise en place du monitoring (pour surveiller le coeur du bébé et les contractions)
- tentative de rupture de la poche des eaux (car le col était très haut, et la rupture de la poche des eaux permet au bébé d'appuyer sur le col, donc de déclencher l'accouchement)
- accouchement, de A à Z :)

J'ai fini ma journée par l'accouchement, qui a commencé un peu après 17h. Il s'agissait d'une maman africaine qu'on était déjà passé voir plusieurs fois dans la journée. Après deux examens, il s'est avéré que son col n'était pas bien effacé : il restait un bourrelet sous la tête du bébé, ce qui l'empêchait de descendre. Comme le rythme cardiaque foetal diminuait un peu, il a fallu accelérer les choses. La sage-femme a profité des contractions pour faire passer la tête du bébé au-delà du col. Elle a réussi au troisième essai, et comme le bébé était enfin engagé, tout s'est acceléré. Les SF ont préparé la salle, mis les étriers en place, et c'était parti pour les traditionnels "allez, poussez madame !" et autres "on pousse on pousse on pousse". J'ai observé tout ça très attentivement. La mère étant sous péridurale, elle n'était pas tordue de douleur donc ça n'a pas été trop impressionnant. La tête est apparue, toute chevelue :p La dilatation est assez incroyable. Une fois la tête passée, le plus dur est fait, la SF a dégagé les épaules et le reste du corps, et la petite Inès a pu être posée sur le ventre de sa maman ! Le cordon a été coupé, et à part quelques cris au tout début, la petite a été extrêmement calme, c'était vraiment attendrissant. La SF pensait qu'elle allait devoir décoller manuellement le placenta mais il est finalement venu tout seul. Une fois dans le récipient, elle l'a manipulé pour montrer aux deux élèves présentes comment l'implantation était faite, etc, les bruits étaient peu ragoûtants mais ça avait l'air intéressant, j'étais trop loin pour bien voir. La SF a ensuite fait quelques points de suture au niveau de la déchirure, ce qui a permis d'arrêter les saignements. La petite Inès a été emmenée pour son premier bain, la pesée et les mesures (taille et périmètre crânien). Son père était un peu perdu pour les vêtements, elle a finalement eu droit à un petit pyjama rose. Elle était trop belle ! J'ai appris après l'accouchement que la mère était séropositive, ce qui a obligé les SF à prendre des mesures d'hygiène plus strictes que la normale, mais quand on sait que la petite est saine, pfiou... C'est génial, que malgré la maladie (et quelle maladie !), cette femme ait pu avoir un p'tit bout en bonne santé. Vive le progrès ! :) C'est l'élève SF qui a ramenée la petite dans la chambre, moi j'ai suivi, et le père a voulu prendre une photo de nous deux autour de la maman et de la fille. Gloups ! Je lui dis que je n'ai pas participé, mais il ne veut rien entendre, pour lui, le fait d'assister était déjà une manière de participer, alors soit, j'ai pris la pose ! Héhé, à peine entrée en blouse et en charlotte dans une maternité, me voilà déjà sur la photo souvenir, la classe.

Après ça, il était quand même 19h, avec ma micro-nuit, mon malaise matinal et toutes les images que j'avais en tête, j'étais épuisée, je suis rentrée. Il ne restait plus qu'une femme dans le service, la même à qui on avait posé la péridurale sous mes yeux et tenté de rompre la poche des eaux, elle a probablement été césarisée plus tard (non, elle n'a pas reçu de César).

C'était très enrichissant comme journée, je pense que c'est absolument nécessaire d'avoir vu au moins un accouchement avant de se lancer dans ces études, j'étais donc bien contente de pouvoir en suivre un, puis j'ai vraiment pu en voir un complet, du déclenchement à la toilette du bébé, c'était génial. Ca m'a permis aussi de prouver au personnel que je n'étais pas tombée dans les pommes pour cause de sensiblerie aigüe, hinhin. Si c'était à refaire, je dormirais la nuit et je mangerais le matin, donc. J'ai été encadrée par une étudiante sympa, qui a été assez patiente avec moi (surtout après qu'on ait discuté ensemble pendant son repas), elle faisait attention à ce que je la suive bien et m'a expliqué certaines choses. J'espère la revoir à la rentrée !anti_bug_f

Publié dans : Vie étudiante
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus