Maternité de l'hôpital Armand Trousseau, 4ème étage.
De retour en suites de couches pour trois semaines, dans le public cette fois, et dans un établissement tout neuf. Comme c'était mon deuxième stage en suites de couches, je suis arrivée avec des objectifs personnels précis, en fonction des soins que j'avais déjà effectués et de ceux qu'on pratique dans ce service. Comme j'avais déjà suivi les auxiliaires, j'ai pu faire ma dernière semaine aux côtés des sages-femmes, histoire de me mettre tranquillement dans le bain.
Le service compte 28 lits, je n'avais jamais travaillé dans aussi grand et j'ai eu du mal à comprendre comment les couloirs étaient fichus ! Disons, au bout d'une semaine, c'était enfin acquis... :p L'équipe du matin compte une ou deux infirmières selon les jours, une ou deux aide-soignantes, trois auxiliaires de puériculture et trois sages-femmes qui font des journées de dix heures (donc pas de SF la nuit).
Les deux premières semaines, j'ai donc tourné avec les infirmières.
Première étape à 6h45, préparer les traitements pour le matin et le midi (essentiellement du paracétamol, des anti-spasmodiques, des anti-inflammatoires et des comprimés de fer, parfois des gelées laxatives de paraffine). Une fois que c'est bouclé, le tour peut commencer : prise de tension (sachant qu'il n'y a qu'un seul tensiomètre dans le service, les infirmières apportent le leur...), de température (sachant qu'il n'y a pas de thermomètre dans le service, les infimières apportent le leur...), distribution des médicaments et petit interrogatoire pour s'assurer que tout va bien (douleurs, saignements, reprise du transit, de la miction, autonomie...). Les prises de sang, quand il y en a (au 1er et 5ème jour pour les césariennes, au 1er jour pour les voies basses), sont souvent faites pendant le tour.
Après une petite pause, on organise le deuxième tour de la matinée : celui des pansements. A Trousseau, les césariennes sont suturées avec des agrafes ; au deuxième jour le pansement est enlevé, on fait juste un soin de cicatrice et on la laisse à l'air, à J3 les agrafes sont desserées, à J4 on en enlève une sur deux, et à J5 on enlève les dernières.
Le reste de la matinée est rythmé par les ablations de sonde urinaire (24 heures après la césarienne), les injections de Lovenox (anticoagulants), les poses de dynamap (surveillance de la tension toutes les 3 minutes pendant 30 minutes), les pauses tout court... lol Les filles qui sont passées avant moi dans ce service disaient que oh mon dieu, ils manquent de personnel, on court partout, c'est terrible... Bon, moi je n'ai pas senti cette pression, alors tant mieux :) Je suis arrivée en même temps qu'une élève infirmière de 3ème année, très sympa, c'est chouette de se suivre comme ça. Pour finir sur les soins, j'ai donc pu continuer à me perfectionner pour les prélèvements sanguins, c'est d'ailleurs le soin que j'ai présenté à ma prof quand elle est passée me voir : j'ai du piquer pour la première fois sur la main parce que la dame n'avait aucune veine (j'vous jure... lol), j'ai surmonté cette dure épreuve comme une grande, oui oui. Je m'en suis donné à coeur joie avec les pansements et les ablations d'agrafes, j'ai fait pas mal d'injections d'anticoagulants et j'ai préparé quelques perfusions. J'ai fait deux ablations de sonde urinaire, et j'ai tenté un sondage aller-retour chez une femme qui n'arrivait pas à reprendre la miction après l'accouchement et dont la vessie était pleine de chez pleine, j'ai lamentablement échoué... Vivement la salle de naissance que je reprenne le geste.
Les femmes sont assez autonomes en suites de couches, et pour les voies basses, il n'y a quasiment aucun soin. Donc comme je l'imaginais, au bout de deux semaines j'avais fait le tour au niveau infirmier (et j'en avais marre de me lever à 5h...), alors j'ai pu m'incruster dans l'équipe des sages-femmes, héhé. Bon, la première sage-femme que j'ai suivie m'a un peu refroidie, elle était super sympa mais alors, elle passe ses journées à courir ici et là, et moi, bah je lui courrais après, et ça n'était pas du tout agréable. Puis le deuxième jour elle m'a envoyée voir quelques patientes seule, mais quand j'étais avec elle dans une chambre elle ne me laissait rien faire, donc j'avais un peu l'impression qu'elle me laissait voir des patientes juste pour alléger sa journée, hum :) Bref, prise en charge moyenne, quoi, mais tant pis. Elle répondait quand même très gentiment à toutes mes questions, donc je n'ai pas perdu mon temps du tout. La seconde sage-femme que j'ai eu, pendant mes trois derniers jours, était un amouuuuur ♥ Vraiment, surtout après les deux premiers jours, j'ai vraiment, complètement, absolument adoré mes journées.
Reprenons les choses dans l'ordre... Le matin à 8h30, il y a un staff obstétrical, qui réunit le chef de service et/ou son "inférieur" (bouh la honte, j'sais pas comment qu'on dit...), les chefs de clinique, les internes, les externes, éventuellement les pédiatres, les sages-femmes de salle, une sage-femme de suites de couches et les p'tites élèves sages-femmes (j'étais avec une deuxième année de Saint-Antoine pendant cette dernière semaine). L'équipe de la salle (SF et internes) présentent les derniers accouchements (physiologiques par les SF et pathologiques par les internes), et justifient la prise en charge et les différentes décisions (pourquoi des forceps ? pourquoi une césarienne ?...). Staff important donc, pour le suivi en suites de couches.
De retour dans le service, on commence à voir les patientes : d'abord les sortantes (pour qu'elles soient libérées le plus tôt possible), puis les nouvelles accouchées, puis un peu au pif... lol Selon le numéro des chambres, la disponibilités des dames, tout ça. L'entrevue avec les mères peut être assez longue, parfois la liste de questions est immense, et pour une petite étudiante comme moi c'est chouette, j'ouvre grand les oreilles et j'écoute les conseils aussi attentivement que les mamans. L'allaitement était un peu flou pour moi, ça va moyennement mieux maintenant parce qu'en fait, chaque SF a ses p'tits trucs, ses explications, ses conseils sur les rythmes de tétées, la montée de lait... C'est un peu dur de faire le tri quand on n'a aucune expérience de tout ça. J'ai quand même tiré quelques généralités :p Donc, pendant l'entrevue on fait un examen de la dame (ce que m'a laissé faire la deuxième sage-femme pour toutes les dames qu'on voyait ensemble, gentille deuxième sage-femme!), en vérifiant l'état des seins, la tonicité de l'utérus et sa hauteur, les saignements et l'état de la cicatrice s'il y en a (césarienne, épisio ou déchirure), on cause allaitement, contraception (plutôt progestatifs en pilule ou en implant ? plutôt préservatif ? plutôt stérilet ?), retour à la maison... Et on vérifie que tout va bien pour bébé : courbe du taux de bilirubine (pour savoir s'il y a un ictère (= une jaunisse)), courbe de poids, on jette un oeil aux prescriptions d'examens par le pédiatre...
On y arrive : les prélèvements sanguins chez le nouveau-né :D Je vais peut-être paraître barbare, mais je n'avais qu'une hâte en suivant les sages-femmes, c'était de prélever les bébés ! Et ma deuxième sage-femme préférée m'a trop bien coachée. A Trousseau, les prises de sang se font sur la main, on ferme le poing du bébé et on l'attrape entre notre pouce et notre index pour que le dessus de la main du bébé soit bien tendu et bien exposé. C'est très différent par rapport à l'adulte : on ne pique pas parce qu'on sent la veine mais parce qu'on la voit (reste ensuite à l'atteindre, ce qui prend parfois un peu de temps, il faut manoeuvrer sous la peau, un peu plus superficiel, un peu plus à gauche, un peu plus à droite...), et ça ne fonctionne pas avec le système de tube sous vide mais juste avec une aiguille (qu'on adapte habituellement à une seringue), on fait venir le sang goutte à goutte. Pour un prélèvement qu'on envoie au labo (pour rechercher une infection par exemple, ou avoir un taux de bilirubine précis si l'enfant est trop jaune...), on remplit goutte après goutte un tube qu'on a ouvert (et qu'on referme parfois avec le bouchon du tube d'à côté... et le labo nous prévient que le prélèvement du bébé Trucmuche ne peut être techniqué... à refaire...). Quand c'est pour le Guthrie (ce test qu'on fait au troisième jour de vie pour dépister cinq maladies dont la mucoviscidose), on fait tomber cinq (ou sept) gouttes sur un papier buvard spécial. Pour finir sur les soins qu'on fait aux nouveau-nés, il y a les glycémies capillaires qu'on fait sur le talon, chez un bébé hypotrophe ou macrosome, j'ai également pu en faire quelques unes.
Je suis super contente de ce stage, j'ai pu faire plein de soins différents et profiter à fond de ma semaine avec les sages-femmes. Pour mon prochain stage je suis en salles de naissances à Montreuil où il n'y a pas d'infirmière, je vais donc de nouveau suivre les SF et ça c'est chouette :D Ca sent la fin de l'année, bientôt la deuxième année où je vais pouvoir m'investir différemment en stage, j'ai hâte !